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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 15:36

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 08:49

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 29

 

...Avec l’arrivée de l’Immortel dans la vie de Patrice, ce dernier avait commencé à réfléchir sérieusement à la mort.

Le déclic, c’est vrai, avait été la mort de l’Ineffable, plus le suicide du fils de celle-ci. _______________ Dans le cas de l’Ineffable, la pensée de Patrice fut plutôt « instinctive », dans le cas du vieux elle devint « volitive ».

En passant de la découverte à la recherche, du cas de la douce Ineffable à celui de l’Immortel haineux, Patrice comprit qu'il n'y avait presque besoin de médecin dans ce monde. _______________ « Chaque être humain cache à l’intérieur de lui-même un médecin. » _______________ Son médecin privé. À l’instar de son maintenant, de son passé et de son avenir _______________ se trouvant tous à l’intérieur de l’homme. À l’intérieur, et non pas ailleurs, comme c’est le cas pour les autres existences, Dieu mis à part – peut-être.

L’excrétion en témoigne. C’est ce médecin intérieur qui s’en charge. Le médecin intérieur de chacun. En se nourrissant et en inspirant l’air, on s’empoisonne, on s’intoxique, on se rend en permanence malade. Parfois on se tue.

En règle générale, on introduit dans son corps, dans son être, des substances qui doivent être éliminées. _______________ On a vocation ensuite d'expulser ces substances _______________ car nocives, tueuses. Les expulser pour les introduire dans l’extérieur, dans le monde.

Si cette expulsion fait défaut, si le médecin intérieur omet de donner son laxatif à l’être qui l’abrite, qui le cache, on meurt. _______________ L’Ineffable, en l’occurrence, en est morte. _______________ Incapable de se débarrasser de ses résidus.

Ce n’est pas le cas de l’Immortel. Son médecin intérieur se montre puissant. Trop puissant. Il est, dirait-on, déchaîné. Le vieux mange sans mesure (aucune !), élimine sans mesure (aucune !). La démesure est valable aussi pour sa mort. Il ne meurt pas. D’une manière démesurée.

 

 

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 09:12

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 28

 

- Fais-moi un enfant !

C’est ce que Lucie dit à Patrice un peu plus tard, une fois que le papillon de nuit se soit posé quelque part, sur un des murs de la chambre. _______________ « Fais-moi un enfant. J’en ai besoin. J’en veux. » _______________ Tout de suite. Sur le champs. _______________ Éclair. Tonnerre. _______________ Total. Totalement. _______________ Faire venir la gravitation dans le néant. _______________ Tout de suite. Être mère très jeune. Sa psyché était très peu séparée de – et fortement influencée par – son soma. _______________ Très jeune, la petite. _______________ Pleine de vie, poche vide de mort. _______________ Très, mais pas trop. Elle pouvait enfanter. (Elle évoluait dans l’environnement du très banal, donc. Cela ne faisait que la rendre encore plus agréable. _______________ Rassurant, le banal !) Elle voulait être mère tout de suite. _______________ Elle voulait être le papillon-sa-grad-mère. Elle voulait saisir ce que le papillon de nuit sentait à l'instant _______________ en entrant et en remuant avec ses ailes poudrées le noir caniculaire de la pièce où sa Lucie, sa petite-fille, nue et amoureuse, caressait la cuisse d’un jeune homme avec qui elle venait de faire l’amour…

Lucie voulait ressentir cette tendresse mûre. En tant que grand-mère génitrice _______________ génératrice-fabricante de cette tendresse _______________ en tant que grand-mère émettrice _______________ mais surtout en tant que mutante _______________ elle rêvait de goûter la mort fine, filtrée et distillée par le besoin et par la volonté de mort. En même temps, elle voulait se libérer, se débarrasser, se faire quitter, s’auto-quitter de et par sa grand-mère _______________ le papillon.

Elle voulait sentir et ressentir la tendresse bien agencée, solide, un peu nostalgique, hystériquement nourrie par une résignation pleine d’espoir. Elle voulait la paix retrouvée par la femme-grand-mère d’une petite-fille (avec qui elle venait de se disputer le droit à l’existence sexuelle dans ce monde particulier, sous-lunaire, présenté aux humains dès leur naissance comme exclusif). _______________ Elle voulait être la copine de sa grand-mère-papillon. _______________ Patrice vous l’aurait déjà dit : Lucie était folle.

La jeune vaironne voulait aller au devant de son ancêtre biologique mutée en insecte, pour gagner la non-mort, pour gagner l’impossible qui lui permettrait d’entrer en résonance avec la rumeur d’un monde d’ailleurs, intouchable par la banalité vivante et ambulante, inaccessible à cette banalité qu’elle incarnait à l’heure de cet instant.

<>

C’est fort, tout ça. C’est fort maintenant. C’est du pur maintenant.

- Le maintenant éloigne le vertige.

 

 

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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 08:18

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 27

 

Je ne peux quitter le présent que pour le passé ou pour le futur. Il n’y a pas une autre sortie, il n'y a pas une autre dimension qui me soit accessible, capable de m’accueillir. C’est notre condition que d’exister dans des dimensions. Cela même si le présent, l’instant – notre seule chance d’exister – n’en a aucune.

Paradoxe, paradoxe, quand tu nous tiens... !

Je ne peux quitter le sans dimension de l’instant, le rien du présent, que pour le passé ou pour le futur. Des riens les deux, encore _______________ vécus instantanément, au présent.

Je suis un instant. L’instant. À l’instant. _______________ Ce qui ne veut rien dire. Les choses vraiment importantes ne peuvent pas être dites. C’est notre damnation et notre salut._______________ Damnation ? Salut ? _______________ Il n’y a pas de présent sans son passé et sans son avenir. Son présent se trouve à la jonction sans dimensions, dans le rien du rencontre de son passé avec son futur. _______________ Je porte mon propre vide, particulier, individuel. Mon vide personnel. Mon rien personnel. Ni général, ni partagé. Mon présent. _______________ Je suis le présent du passé et celui de l’avenir. _______________ Je Suis.

<>

Patrice aurait dégusté un peu l’âme de Lucie. Le soir caractérisé allait s’inscrire dans leur chronologie partagée sous le nom de « soir du papillon de nuit ».

Il faisait très chaud dans le petit appartement de Patrice. Selon le calendrier, l’été commençait à peine. Mais la canicule s’était bien installée depuis quatre jours.

La lucarne largement laissait entrer une très légère onde d’air délicatement parfumée à l’acacia.

Lucie et Patrice, dévêtus, alités, la main sur la cuisse de l’autre dans une caresse finissante, regardaient la lumière faible et blanchâtre qui mêlait réverbères et lune dans une mixture aérienne rassurante, citadine, terrestre.

Soudain, le monde arriva chez eux par la fenêtré ouverte. Faisant corps commun avec la chaleur ondoyante, un papillon de nuit pénétra dans la pièce. Il avait l’air déterminé. Il savait pertinemment pourquoi il entrait ainsi dans la pièce Il savait d’où il venait et vers quoi il se dirigeait. _______________ « C’est ma grand-mère coréenne », dit Lucie. Patrice sentit l’âme de Lucie. Patrice comprit l'âme de Lucie. Un peu. Une onde. _______________ Fusion ?

La mort, pour Lucie, n’était pas définitive. N’était pas vraie. _______________ Folle, la petite ! _______________ Lorsqu’on pense d’une manière suffisamment intense à la mort, l’esprit se densifie. _______________ L'intensité devient densité. _______________ La mort commence à inexister.

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Patrice se trouve sous l’emprise d’une terrible impuissance enivrante. _______________ Patrice ne sait pas le rapport entre mourir et vouloir.

 

 

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 08:28

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 26

 

Il faut de la lumière, pour voir. L’Ineffable fut cette lumière. _______________ Tantôt avec la laideur de sa vieillesse, de sa mort qui la digérait intérieurement, tantôt avec son rayonnement, qui n’avait plus rien affaire avec la matière décrépite d’où il surgissait, mais seulement avec la force merveilleuse, accablante et béatifique, capable de justifier l’existence humaine, voire l'existence tout court.

Tout était léger chez elle. _______________ Le regard tourné vers l’intérieur. _______________ Lorsqu’elle dirigea ce regard vers l’extérieur _______________ c'était moi l'extérieur _______________, je me suis fait envahir, conquérir _______________ béat.

Sa polyarthrite déformante était une torture. Hyper voûtée et fatiguée, elle n’était plus capable de rien. Ni de s’asseoir sur son séant, ni de s’emparer de quoi que ce soit, pas même d’un gobelet à moitié vide. _______________ Avait des mains délicates, les phalanges noduleuses à cause d'inflammations articulaires. Présentait une immunodéficience terrible qui ne laissait pas de marge pour aucune intervention. Ni médicamenteuse, ni chirurgicale, ni radiologique, ni génétique... Néanmoins, aussi souffrante qu’elle fût, son calme dirigé vers Dieu (m’)impressionnait beaucoup (moi) Patrice. _______________ Minuscules, dérisoires même, les préoccupations et les agissements de nous autres.

<>

Elle mourut après dix jours de constipation1.

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Patrice est poussé (mais que dis-je : animé) par une pulsion malsaine de connaître une réalité ambiguë, dont l’existence n’est toujours pas prouvée ; sans être pour autant incertaine.

Il s’agit de ce qui se trouve à l’endroit qui sépare – et différencie – conscience et matière.

C’est la couche noble (et infiniment mince) de ce ce. À ce (sic !) niveau, l’homme devient esprit.

C’est ici, se dit Patrice, que demeure la spécificité qui fait qu’un humain peut saisir la présence d’un autre humain. (Saisie supérieure et totalement différente par rapport à celle « catégorielle », forcement très grossière, qui régit les rapports dans le monde extra ou para-humain.)

<>

Quand un homme rencontre un autre homme, c’est à la création qu’on touche.

- À l’art !

Je vous le dis, Patrice vous le dit :

- La science doit être artistique, sinon c’est de la mort dont on parle.

La vieille Ineffable avait raison. Encore que, qui peut dire quoi que ce soit de pertinent sur la raison, sur la mort – si ce n’est qu’elles peuvent être une forme supérieure d’art, voire l’Art Suprême ? L’Art auquel on fait parfois insulte ou violence, lorsqu’il échoue comme une crêpe tombée à côté de la poêle, dans le manque de tragique, dans le manque de contour, voir des dimensions, dans la laideur de la sottise ou, au contraire, lorsqu’il sublime dans la beauté intangible et effrayante de la folie. Incompréhensible. Souriante ou sombre. Grimacière et ardente.

<>

Ils nous ont surpris donc, ma mère et le travelo, dans la chambre d’hôpital d’où la voisine de la vieille s’absentait pour des examens… _______________ Le regard de ma mère : une vrille. _______________ Elle examinait… comme toujours : en vitesse (grande), critique, sévère, objective (exagérée – absurde), sans indulgence, avec une supériorité théâtrale (faute d’autorité authentique)… elle examinait mes rouages internes. Mais elle ne s’y attardait pas.

Ce regard me transperçait pour se poser sur des choses qui, demeurant au-delà de moi, allaient prendre (ou perdre) forme, avec moi dedans.

Je sus qu’elle savait que nous avons fait amour, la vielle et moi. Plus encore, elle pressentait l’arrivée de Lucie dans mon existence.

<>

À l’époque, le vieux, avec la bulle puante de sa haine (familiale, existentielle, universelle, laide), n’existait pas encore pour moi, pour nous. _______________ Lucie non plus. _______________ Tout naturellement. _______________ Il y a des moments, des époques où certaines choses n'existent pas encore ; ou, au contraire, certaines choses _______________ les mêmes ? pas les mêmes ? _______________ n'existent plus ; _______________ ou rien de tout ça.

 

 

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1 Elle mangeait très peu. Les selles qu’elle fabriquait étaient de vrais cailloux. La muqueuse rectale était asséchée. Elle n’avait plus la force d’éliminer. Les lavements ne servaient plus à rien.

Elle mourut parce que vieille et fatiguée. Certes. Mais aussi parce que remplie d’une matière dont elle aurait du se débarrasser. _______________ Qu’elle gardait.

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 07:43

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 25

 

À un moment indéfini _______________ inexistant ? existant ailleurs ? très ? très ailleurs ? nulle part ? jamais ? _______________ mère choisit d’entrer dans la pièce _______________ accompagnée du fils de l’Ineffable _______________ avant leur mort _______________ ou après, peut-être ? _______________ Gouffre de silence. Nous étions en vie. Interconnectés. La force vitale de la mourante, en train de muter en force funèbre, couplée avec la force de la faiblesse de son fils, nous pénétrait, mère et moi. Indifféremment, indistinctement. _______________ Ai reçu une partie de l’impuissance du jeune, et une partie de la puissance de la mourante. _______________ Me trouvai (réveillai ?) au point d’aiguillage qui sublime le senti, qui permet au raisonnable de s’auto-dépasser, sans pour autant quitter l'univers _______________ sans perdre son âme.

Fusionnai avec mère. Nos rapports cessèrent d’être ceux qu’une mère entretient avec son fils. Il n’y avait plus rien de hiérarchique ni d’incestueux entre nous, dedans. _______________ Un autre monde s’ouvrait à nous, autour de nous _______________ émergeait de nous.

Du coup, nous nous vîmes dans d’autres postures et hypostases que tout à l’heure. Fûmes dorénavant quelqu’un d’autre, mère et moi.

Quant à eux, la vieille et son rejeton, ils reçurent de notre part une sorte de foudre tueuse. _______________ Nous n’avions plus besoin d’eux.

 

 

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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 09:02

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 24

 

Je trouvai, donc, la vieille seule. _______________ Etc., etc., etc.. _______________ Sa voisine de chambre était sortie pour des examens. _______________ Etc., etc., etc.. _______________ Je m’approchai et tendis la main pour toucher la sienne. Une pauvre main, peau et os. Articulations enflées et veines proéminentes, reposant sur la couverture d’hôpital. Une pauvre main exsangue et sans force, délicate, finissante. _______________ Dans ma poitrine bouillonnait beaucoup et grave quelque chose de très chaud et en même temps d’implosif. _______________ J’avais rendez-vous avec moi-même.

(Un d’entre nous, pourtant – Patrice ou moi-même, je ne sais pas –, traînait les pieds, ne se montrait pas. J’étais au bord de l’asphyxie, moi. Patrice était au bord du gouffre.)

Ma main de Patrice toucha celle de l’Ineffable. _______________ Le regard de la vieille devint lumineux. _______________ En me regardant, elle voyait quelque chose que je ne voyais pas. Le bonheur m’envahit sans crier gare. Incandescent. Me pétrifia. La lumière de ce regard devint tellement intense que ma chair se volatilisa en laissant ici, sur terre, le soupçon d’une auréole. _______________ La vieille se faisait avaler par sa propre lumière. _______________ Le froid, un froid bon, cristallin s’empara de moi. _______________ Je ne fus plus moi. _______________ Je devins l’ébauche d’une réalité nouvelle.

<>

La vieille et moi fusionnâmes. La chaleur et le froid cristallin disparurent. La chaleur de la babouchka s’unit à la mienne. Son rayonnement brillant s’unit à moi. Soudainement je me suis mis à brûler et à briller tout aussi fort qu’elle. De tous mes feux. De tous nos feux. _______________ Je n’étais plus moi. Elle n’était plus elle. _______________ Ensemble, nous formâmes une présence éthérée aux contours fluctuants à l’intérieur. Un vrombissement vertical très bas et un autre, horizontal, très haut se faisaient sentir, en obligeant ce qui n’était pas encore matière d’en devenir…

 

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 08:30

 

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 23

 

La vieille rayonnait de tous ses feux dans mes bras. _______________ Une flamme puissante, animale, chaude, palpitante. _______________ Une résonance forte, froide, rigide et sinistre, arrivée du fond explosif de l’Univers. _______________ Et puis, l’odeur de la vieille. Cette odeur particulière ! Géronto-létale ! _______________ Si elle aurait été vraie, l’odeur. _______________ Si la vieille aurait été vraie. _______________ Si moi, j’aurais été vrai.

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L’homme serait le « résultat » ou, pire encore, le « produit » de l’évolution, paraît-il. Un schmilblick. D'avis qu'il manifeste des envies dirigistes, faussement évolutionnistes – autant en ce qui concerne le vivant, que l’inanimé et l’immatériel. _______________ Exaucées, les envies. La puissance dirigiste de l’homme est tellement grande qu’elle se répand dans l’univers, mais aussi – et avec quelle prestance encore ! – dans le strictement humain, en y générant, monstrueusement, encore plus d’humain.

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L'univers aurait apparu après l’homme. _______________ On ne saurait pas dire si c’était nous qui auraient fait l’univers. _______________ Pour moi, pour Patrice, il est plus qu’évident que cet univers nous est consubstantiel et à notre mesure. _______________ Nous sommes an-universels ; en tout cas, nous ne sommes pas universels. Nous ne sommes pas contenus par l'universel : nous le contenons. Nous sommes plus... grands... que l'universel. Plus contenant. Nous nous trouvons, au-delà _______________ de l’universel. _______________ Créationnisme, vous dites ? _______________ Et alors ? _______________ Lorsque l’on constate qu’une cellule se détruit parce que ses voisines spatiales ou fonctionnelles, qui la formatent, avec qui elle se trouve en contact – en communication ? _______________ qui la tiennent _______________ lui signalent qu’elles n’ont plus besoin d’elle, qu’elle ne serait plus bonne à rien, on fait quoi, nous ? _______________ Ne crée-t-on pas une réalité ordonnatrice _______________ dirigiste _______________ à partir d’où tout devient ré-imaginable, ré-constructible, ré-créable ?

Problème de création, donc. Tout est un problème de création. Tant qu’on n’a pas résolu ce problème, la création initiale, la création pure, proprement dite restera cantonnée dans la sphère religieuse (qui résiste par dessus tout à toutes les attaques, en s’adaptant sans évoluer).

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C'est quoi la création ? Mais encore la Création ? De quoi est-elle faite ? _______________ La question ne peut être qu'idiote, tant elle est inutile. _______________ On n'est pas Dieu.

Il me manque la vertu de la fusion. Je suis a-fusionnel, voire anti-fusionnel. Je suis condamné à ne pas connaître la félicité.

Lorsque je couche avec la petite, je baise, je ne fais pas l'amour. _______________ Quant à elle... Quelle importance !

Difficile à saisir l'envie d’anonymat qui creuse mes entrailles. Quoi de plus rassurant qu'une œuvre musicale, par exemple, dont on ne connaît pas l'auteur mais qu'on joue devant un parterre actuel, separé de l'auteur anonyme par quelques siècles et par un manque criant de nom ?

 

 

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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 08:42

 

 

 

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 22

 

Certains parlent d'une certaine « induction de la vieillesse ». On indique le vieillissement de la cellule comme point d'attaque. Mais au fond, ils n'en savent pas trop. Les causes sont imaginées, humaines, fantasmatiques.

D'autres s'amusent en évoquant les vertus mathématiques exprimées par la division cellulaire. Il y est dit que la division cellulaire serait limité arithmétiquement. Comme ça, comme une « donnée naturelle ». _______________ Et tout ça avec l'air le plus sérieux du monde. _______________ Parce que c'est comme ça que « mes muscles le veut ».

Dans la même soupe aux scientifiques dotés de muscles qui veut, flottent ce qui créent des mots de type « autophagosome », « protéasome », « autophagie »...

En libérant mes muscles qui veut, j’aperçus les cellules de la vieille se suicidant dans un nombre croissant et d’une manière accéléré. La quantité de nouvelles cellules issues des cornues toujours très tortueuses du vivant, diminuait de plus en plus.

Résultat : le corps de l’Ineffable se ratatinait sous nos yeux.

Je constatai que, en dépit de ses douleurs articulaires, elle vivait quelque chose de bien, voire d’enviable. Bizarre, non ? Un mélange de méga, hyper froid et de méga, hyper chaud. Un mélange qui me donnait la mesure inorganique profonde sur lequel repose tout organique, quel qu’il soit. _______________ Mes muscle veut ça...

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Révélation décisive. La vie n’avait pas de prix. Elle dépassait, elle transgressait toute valeur possible. _______________ Pas de prix, mais un certain poids. _______________ Elle était pesante. _______________ Elle conservait un noyau de froid. Un début de consistance.

Comme un écho, comme une coda, j’eus la vision d’ensemble de la solitude.

Je compris que la folie consciente condamne à la solitude. _______________ Muscle ou pas muscle.

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Enfin, je n’ai pas trop envie d’en parler. Ils seront peu, très peu nombreux ceux qui ne me regarderaient pas avec stupeur (et effroi) si je leur posais des questions telle que : _______________ est-ce que j’ai couché ou pas avec la vieille ?

 

 

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 06:58

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 21

 

Un jour, je trouvai la vieille seule. (Sa voisine de chambre était sortie pour des examens.) Elle était alitée, comme toujours, un peu sur son séant. Son dos fortement voûté ne lui permettait pas de s’allonger. La peau flasque de ses joues pendait sous sa mâchoire et en dessous de ses yeux gris à moitié couverts par des paupières ridées.

En m'apercevant, son attitude tourna en sourire. Un sourire corporel, très doux. _______________ Son être me pénétrait, me transperçait à partir de son corps décharné. _______________ _______________ Ne savais pas si elle voulait quitter son corps décrépit pour atteindre le froid de glace ou si c’était ce corps-même qui émanait _______________ le froid _______________ toute la valeur terrible de la chaleur. _______________ Subtilité terrifiante du froid et de la chaleur.

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Notes Initiatiques

cueillies dans les feuilles envoyées à Patrice

par le Travesti avant son suicide

Tant que nous métabolisons des particules minérales pour construire et déconstruire notre corps, nous sommes assujettis et asservis à la chaleur.

Nous croyons assimiler de la matière quand nous nous nourrissons, quand nous nous désaltérons, quand nous respirons. Mais, en réalité, c’est une question de chaleur.

Tant qu’elle se trouve à l’intérieur de notre estomac-intestin-poumon, la matière (non-assimilée) reste encore à l’extérieur de nous. L’extérieur traverse notre corps. C’est uniquement quand la matière passe de l’autre côté des parois digestives ou pulmonaires que la chaleur surgit en nous, qu’elle parvient à y être.

C’est la croyance d'aujourd'hui.

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Si la matière est continue, elle l’est exclusivement à l’extérieur de la vie. À l’intérieur de la vie, elle est discontinue. Ou, plutôt, suspendue. Souvent elle n’est plus.

La vie n’est nullement matérielle. Ni la matière, vivante, d’ailleurs.

Néanmoins, à un certain niveau suprasensible de l’existence, elles se conditionnent réciproquement, la vie et la matière. Et c’est là, à ce niveau de et du conditionnement, notamment, que la chaleur se présente. 

<>

Quand tu regardes avec ton microscope les cellules, les autres corps et bribes étalés sur la lamelle, tu sens le monde s’écrouler sous tes pieds.

Qu’est-ce qu’il se trouve entre tous ces micro-morphismes ?

De la température ? De la chaleur ? Du magnétisme ? De l’électricité ? De la gravitation ? De la compréhension ? Du mouvement ? Du moment ? Du repos ? De la relativité ? Du mal ? Du bien ? De l’amour ?

Tu retournes ensuite les questions, pour t’inquiéter de ce qui se trouve – ou pas – là-haut, entre les astres, entre les constellations et dans tout ce bazar.

Tu reviens aussi à toi pour constater, pour t’apercevoir que tu peux te constater, t’apercevoir toi-même. Comme si tu pouvais mettre une distance sans contenu, inconsistante, non-incarnée entre toi et toi-même.

Tu reviens aussi à toi pour te dire que la folie n’est jamais loin, qu’elle rode toujours autour et qu’elle réclamera bientôt son dû.

Tu te retrouves dans un volume brumeux en permanente formation et déformation.

Toutes les représentations que l’homme se fait demeurent, dit-on, dans le système nerveux. Mais il faut constater qu’il y a une translation ou une transition de ces représentations vers l’extérieur du système nerveux.

Nous pouvons nous emparer d’un objet à l’aide de notre main et de notre bras justement parce que la représentation de l’objet transgresse notre système nerveux, pour déclencher le mouvement du bras et de la main (muscles, tendons, os et système circulatoire compris).

À l’occasion de ce mouvement, des cellules et des tissus sont mis à l'épreuve, abîmés et disparaissent.

(Cette disparition est signalée par des toxines spécifiques, qui font leur apparition dans les selles, urines, expirations, transpirations).

Pour remplacer ces tissus et ces cellules, l’organisme appelle le sang.

L'organisme consomme du sang.

Le sang sait comment agir, comment se faire consommer.

Le sang est porteur d’un savoir individuel, d’un système de connaissances personnelles, d’un type particulier de conscience : les connaissances et la conscience du Moi.

Alors, ton attention toujours braquée sur le sang, avec toutes ses particules grossies par le microscope, tu constates que c’est ton Moi qui y crèche.

Tu ne peux pas indiquer la forme et la position de ton Moi.

- La seule chose au monde qui ne porte et qui ne peux pas porter de nom c’est le Moi.

Quand je dis Moi, je m’indique moi-même autant aux autres qu’à moi-même. Quand c’est toi qui veux m’indiquer, tu ne dis pas Moi, mais Toi.

Le Moi ne peut pas porter de nom. C’est le phénomène du « Je suis le JE SUIS ». Le Moi c’est Dieu. Mais tout ça, bien évidemment, dans le monde d’aujourd’hui, c’est fou.

Vrai – mais fou. À la limite, vrai – donc fou.

Par conséquent, à ne pas nommer. À ne pas dire.

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Je sentis toute la valeur terrible de la chaleur.

Toute la subtilité – et celle du froid et celle de la chaleur.

Je pense avoir couché avec la vieille – Moi. _______________ Moi ? _______________ Patrice ?

 

 

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