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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 10:42

 

 

N'est-ce pas, papa ?

 

 

Ma femme est perverse. J'en ai l'impression. Même plus qu'une impression, je dirais, une conviction.

Hier, nous nous trouvions tous, Coco, Marius, Hélène et moi dans la cuisine. Pour le dîner. Enfin, pour le repas du soir, plutôt. On ne dîne pas avec des enfants de six et quatre ans. On mange.

Nous étions confrontés à une question un peu bizarre. La directrice de l'école avait décidé d'annuler la Fête des Mères et celle des Pères. Pourquoi ? La question s'imposait d'elle même. En tout cas, elle n'était pas déplacée.

- Le « pourquoi » sert à conquérir le monde.

Le créer aussi.

Mais ce n’était pas la question. Enfin, j'ai trouvé la situation bizarre. Pas la question évoquée ci-dessus, mais sa racine. Peut-être, éventuellement, nous mêmes. Coco et moi.

Ni Coco, ni moi, ne sommes trop friands de ces colliers de nouilles ou de ces dessins avec père-mère-enfants devant une maison à l'équilibre mystérieux.

- Alors, tant mieux si la directrice annulait ces fêtes imbéciles.

Mais c'était sans compter avec le « pourquoi » des enfants. À la radio on en parlait sans cesse. De la Fête des Mères, de la Fête des Pères. Même chose, à la télé. Il y avait des affiches dans la rue... Et tout à coup, voilà, plus de Fête, plus de Mère, ni de Père. Pourquoi ? Alors ?

Alors, suite à la problématique socio-homosexuelle, on ne va plus bourrer nos petites têtes blondes avec des conneries de ce genre. Le genre même sera banni. Plus de féminin, de masculin, de mâle ou de femelle. Ça n'existera plus. Sauf dans le cas des homosexuels, où il y aura des gays, censés être des hommes, et des lesbiennes – des femmes. Pour le reste, nada. Alors, si nada, plus de maman et de papa. Des parents, uniquement. Ou au singulier, dans le cas des « familles mono-parentale ».

Enfin ! Des théories agacées, énervées, au bord de la furibonderie.

- Et du silence.

On ne maltraitera pas nos petites et très chères têtes blondes. Pas de cette manière, en l'occurrence.

Nous nous trouvions donc tous dans la cuisine, pour le repas du soir. Et il y avait du « pourquoi » dans l'air.

À la télé, le JT disait ce qu'on lui avait dit de dire. On y parlait d'une gay pride réussie en Pologne. Oui, en Pologne ! Les cathos devaient être sur le cul, pensais-je.

Sur l'écran, des images hyper-colorées, hyper-dansées, hyper-clownisées, hyper-grimacées. Ça plaisait beaucoup aux enfants. Et Coco de leur dire :

- Quand il y aura une parade comme ça chez nous, on ira nous aussi, d’accord ?

Et ensuite, à moi, avec une expression bizarre :

- N'est-ce pas, papa ?

 

    Blog : www.alexandre-papilian.com/

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