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  • : Alexandre Papilian
  • Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 10:28

 

Des enfants infinis

 

 

L’histoire n'a pas de direction. Ni de cause, ni de but. Ni de sens. Elle se construit et se défait heure par heure, suivant nos décisions. Elle manque de forme. Elle se développe là ou elle trouve de la place. Chaotiquement.

Eh ben, dans cette histoire développée à tout va (dans le physique, dans le virtuel, dans l'âme, dans la pré-existence autant que dans l'après-existence, dans l'incréé, dans l'oubli), elle m'a fait onze enfants. Pas moins. À moi, tout seul. Et réciproquement, je lui ai fait, mais surtout je lui ai fait faire toujours onze. Pas moins. Les mêmes, bien sûr ! À elle, toute seule.

- À nous, tout seuls, si vous préférez.

Serions-nous fous ? La question se pose.

Onze enfants, pas un de moins ! Et ce n'est pas fini. Ça ne finit jamais, d'ailleurs. Ceux qui ne l'ont pas fait (qui ne les ont pas fait) ne peuvent pas comprendre. Ça ne peut pas finir.

C'est une chose aussi simple que compliquée que ça. Une chose totale et indispensable. Je dirais que les racines se trouvent et se retrouvent dans les branches. Et vice versa. Sans qu'on sache si ce sont les racines qui font pousser les branches vers le haut, ou, au contraire, si ce sont les branches qui obligent les racines à s'enfoncer dans la terre.

L'image me hante.

- Surtout depuis que j'ai appris qu'il y aura une douzième ; ce sera une fille.

Des racines et des branches, donc.

- Et du tronc.

Le tronc c'est nous. Père et Mère. Père-Mère.

(...)

L'historie est traversée par des dynasties. Des rois et des reines, des empereurs et des impératrices, des princes et des princesses. Tout un capharnaüm, tout un foutoir qui essaie de jalonner notre mémoire et que nous pouvons raconter, peindre, écrire et interpréter, reraconter, repeindre, réécrire et réinterpréter – dénaturer et oublier. L'histoire, c'est la vie travestie et tuée dans la culture.

Les dynasties sont de deux catégories.

Certaines provoquent et assurent un héritage positif. Ce sont des héritiers comblés. Ils reçoivent une récompense pour le seul fait d'exister.

D'autres, les dynasties des condamnés, provoquent et assurent un héritage négatif, punitif. Être l'enfant d'un esclave, d'un salaud, d'un criminel, mais surtout d'un pauvre n'est pas une chose facile.

Reste comme le plus grand mystère de nos jours, ces extraordinaires produits de l'hyper anonymat méga-populaire que furent, il y a deux milles ans, Jésus Christ et, il n'y a même pas cent ans, Staline, Mao et, last but not least, Hitler.

(...)

Mes onze enfants, nos onze enfants, bientôt douze, sont, je le souhaite, encore an-historiques. Ils ne se nourrissent pas de l'histoire impossible, mais de celle possible, de notre mémoire-de-tronc, de notre mémoire de Père-Mère.

Ceci, au sein de la mémoire collective (pas trop) et vivante (idem), mais très culturelle et morte.

(...)

Pas de rapport causal entre le Christ, d'un côté et, de l'autre, Staline, Mao et, last but not least, Hitler.

Christ n'est pas leur cause. Les autres ne sont pas son effet.

Pas de rapport causal entre le Christ-Staline-Hitler-Mao, d'un côté, et nous de l'autre. On est heureux, nous, ma femme et moi. On est le tronc, nous. Ni les uns ni les autres, aucun d'entre eux, que ce soit le Christ ou la triplette Staline-Hitler-Mao, ne nous poussent pas, ma femme et moi, à faire à l'infini des enfants-racines-branches-à-l'infini. Des enfants infinis.

Si ?

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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Published by Alexandre Papilian - dans Parents et enfants
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