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  • : Alexandre Papilian
  • Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 06:33

N'est-ce pas, les filles ?

 

 

Je n'ai pas besoin de mec. D'aucun mec. Voilà ce qui est sûr, plus que sûr.

J'ai fait deux enfants parce que c'était ainsi que ça me chantait. Parce que c'était comme ça mon bon vouloir. Personne n'a le droit de toucher à mon bon vouloir.

- Si je veux enfanter, j'enfante.

- Sinon, non.

On dirait, donc, qu'au moins pour deux fois, j'aurais utilisé un mec. Au moins pour deux fois, j'en aurais eu besoin. Au moins pour deux fois, j'aurais fait une entorse à mes principes.

Mais, d'abord, il ne s'agit pas de principes. C'est de la réalité pure et dure dont je parle.

- Ils n'ont qu'à aller se faire voir tous ces merdeux porteurs de couilles inutiles autrement que pour baiser sans savoir le pourquoi de la baise.

Je me suis fait engrosser deux fois. Enfin. La pénétration n'est pas une chose facile. N'est-ce pas, les filles ?

Quand il te la met comme ça, en couinant et en beuglant comme un porc, en pleine perte de conscience mais plein d'arrogance et de brutalité (il dit que ce serait de la virilité ; tu parles ! j'aimerais le voir sur la table de travail), tu n'as plus aucune chance. Tu seras fécondée, que tu le veuilles ou non. Et ensuite, la chose va se développer en toi.C'est ça, la chose se nourrira de toi.

Toi, tu seras assez sotte pour tomber dans le miracle du bonheur. Tu te diras, donc, que ce n'est pas le monstre qui se nourrit de toi pour qu'il pousse et pour qu'il te pousse à le pousser dehors au terme, mais que c'est toi qui le nourrit pour qu'il grandisse, pour qu'il sorte de toi pour t'aimer et pour que tu l'aimes.

- Tout ça pour dire que je sais de quoi je parle.

Porter un enfant ce n'est pas une mince affaire. Le mettre au monde encore moins. Donc, que l'on ne vienne pas me dire ceci et cela. Si j'ai décidé de porter un enfant qui n'est pas le mien – et qui ne sera jamais le mien – c'est parce que je savais – même avant de le savoir réellement, matériellement – ce qu'est une femme engrossée qui porte un enfant. Et parce que j'ai vu le désarroi, le désespoir de ces deux personnes en manque d'enfant. Alors, j'ai décidé de mettre mon ventre à leur service. Au service du Monde. Au service de l'Univers. Au service de Dieu. Mon âme trouvait ainsi la paix maximale, totale, universelle.

J'avais déjà deux enfants. Mais je n'avais pas atteint mes limites. Mes bonnes limites. Je n'étais pas accomplie sans ce don de soi, enfin, ce don de moi, de mon ventre – à autrui. Ce n'est pas un principe, c'est un fait. Te mettre au service des autres c'est le maximum de bonheur humain, c'est le maximum d'humanité. L'homme, l'être humain n'existe que comme ça. En se donnant. C'est pour ça que l'homme est surtout femme. Une femme. La femme.

Enfin, j'ai décidé de prêter mon ventre à ce couple désespéré.

Ils auront leur enfant – porté par moi.

(...)

Le fait que votre enquête TV de merde aurait découvert que je n'ai aucun enfant, moi, que je ne porte l'enfant de personne et que tout ça, finalement n'est que pure invention, ce fait-ci, dû à votre boîte de merde malade et maladive, contagieuse et criminelle, ne change rien au fond du problème. Le problème, son fond et sa solution restent les mêmes.

Et personne, même pas le juge des juges de mes deux compris, ne pourra rien y changer.

C'est bien, ça. De ne rien pouvoir changer. C'est très bien.

- N'est-ce pas les filles ?

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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Published by Alexandre Papilian - dans Parents et enfants
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