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  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 06:41

La soupe aux embryons humains

 

 

J'aime les embryons. Je les aime tous. Sans exception. Sans discontinuer. Les embryons sont notre avenir et notre devoir. Mais aussi notre passé. Peut-être même notre présent.

- Certainement, notre inexistant.

Parmi beaucoup de préoccupations, aujourd'hui on consomme, voire on perd du temps pour débattre de l'utilisation à donner aux embryons humains.

Certains disent que lesdits embryons, dès qu'ils comptent quatre cellules, peuvent être congelés en vue d'une prochaine utilisation en tant qu'embryons proprement dits. Notamment, dans le but de la conservation, perpétuation, multiplication, etc., de l'espèce.

À l'heure de ce récit, la coutume veut que les embryons restants soient jetés. Ce sont des embryons manquant de projet parental. Des embryons destinés à la poubelle. (Destinés ? Comment ça, destinés ?) Tout simplement.

D'autres soutiennent que dans ce cas, où l'on a affaire à des embryons manquant de projet parental et destinés à aller à la poubelle, lesdits embryons pourraient très bien servir à la création (ou enfin, à quelque chose du genre, semblant) des « cellules souches », capables d'être guidées vers la formation des tissus hépatiques, cardiaques, pancréatiques, rétiniens et ainsi de suite. Le modèle emprunté dans leur cas serait celui du recyclage des déchets. Tout simplement.

Enfin, il y a de ceux qui s'insurgent contre l'utilisation des embryons. Ils affirment que les embryons seraient des êtres animés. Ces insurgés sont des initiés. Pour eux, l'arrivée au monde d'un enfant n'est pas une simple affaire de baise, mais un choix. En l'occurrence, ce qui viendra au monde existerait bien avant que le spermatozoïde caractérisé pénètre l'ovule caractérisé. En l'occurrence encore, celui qui viendra au monde choisirait, lui, ses parents... Ce ne sont pas les parents qui font leur enfant, mais l'enfant qui fait ses parents. Paroles d'initiés, quoi ! (Quoi de plus banal aujourd'hui qu'un initié ?)

En ce qui me concerne, ce débat ne me touche pas trop. Il m’indiffère de savoir si les embryons réalisés et congelés, ou ceux à réaliser, seront dirigés vers l'agencement d'un être humain bien entier ou seulement vers la production de tissus humains réparateurs ou vers la poubelle.

Moi, je me laisse porter par ma perversité inoffensive, qui m'aide à capter les gens qui m'entourent et qui m’entraînent avec eux dans leur abîme incommensurable du savoir approximatif.

Je prends mon bain d'embryons. Je me fais injecter des embryons. Je me laisse infecter par les embryons. Je mange ma soupe aux embryons. (Étrange cétacé humain prenant sa portion de plancton humain.) Je me nourris de leur culture mais aussi de leur inculture afférente et future. Je suis pris en tenaille entre un certain Gai Savoir chaotique, social, voire sociétal, extérieur et sauvagement absurde, et un Gai Savoir natif, intérieur, capable d'affronter, d'apprivoiser, de modifier et de mortifier le premier, sauvagement absurde lui aussi. Je me rends à moi-même et je dis : « J'aime les embryons, moi. Je les aime tous. Je me nourris d'eux. Je suis eux. Ils sont moi. »

Un moi non-parental, non-filial.

Embryonnaire.

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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Published by Alexandre Papilian - dans Parents et enfants
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