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  • : Alexandre Papilian
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  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 17:09

Mon enfant se prend pour le Christ

 

 

Édouard se prend pour le Christ. Quelle mouche l'a piqué ?

Nous sommes plutôt d'accord, le père d'Édouard et moi, qu'il doit prendre contact avec le christianisme. Nous vivons dans une société chrétienne. Même si l'islam est en expansion et pose des problèmes aujourd’hui. Le christianisme c'est un peu nous autres. Alors, Édouard fréquente les cours dispensés par la pasteur (une bonne femme ni trop-trop, ni très-très, ni fort-fort) du temple protestant. Des soi-disant cours. Il s'agit plutôt d'histoires bibliques, lues ou vidéo.

- Assez fades.

Assez. Ou pas assez, vu ce qui se passe avec Édouard... Il n'a pas encore huit ans. Il change de dents et il est ma caresse quotidienne. Pas moins.

Il va chez les protestants parce que le temple est plus proche géographiquement que l'église. Et, peut-être, parce qu'ils sont plus tolérants, les huguenots.

Mais revenons à notre sujet. Il veut être le Christ. Dit comme ça, c'est idiot et drôle. Mais en réalité, je n'aime pas du tout.

- Je pense qu'une des manifestations du mensonge est de ne pas prendre la vérité au sérieux.

Je ne veux pas de mensonges autour de mon petit Édouard. Et encore moins dans son intérieur.

C'est dans son intérieur que cela se passe. Notamment cette histoire du Christ.

J'ai l'impression qu'il a une image assez claire de ce Christ – dont il parle.

- J'ai peur.

La mère ressent la souffrance de son enfant. Elle la ressent profondément et autrement que lui.

La Vierge d'antan fut sacrifiée à la raison. À la raison hypertrophiée. Infinie.

La souffrance historique de Jésus me fait peur. Si elle devait se reproduire, cette souffrance sera encore plus et plus (et plus) terrible. (Et encore plus !) L'expérience de la torture, amassée, entassée et raffinée ici, chez nous, les humains, depuis des dizaines des millénaires, me fait trembler.

Je répété. La mère ressent la souffrance de son enfant. Elle la ressent profondément et autrement que lui.

La Vierge d'antan fut hyper-sacrifiée dans ce sens. Un hyper-sacrifice et un sens hypertrophié. Infini.

Mais elle, la Vierge d'antan n'est qu'un grand et fort minus par rapport à Celle d'aujourd'hui.

Je ne peux pas expliquer comment c'est. C'est comme le vélo. On ne peut pas expliquer comment faire du vélo. On peut montrer et on peut comprendre ce qu'on nous montre. Ensuite, on peut comprendre comment le vélo devient nôtre. Comment il devient nous.

Je vois mon petit Édouard en Croix. Je le vois. Je le sens. Je le souffre et je le meure. Je suis la Vierge d'aujourd'hui. Je ne veux pas que mon enfant souffre. Je ne veux pas qu'il soit le Christ. Je ne veux pas qu'il soit mis en croix. Je ne veux pas ÇA pour Édouard. J'ai envie de vomir.

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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Published by Alexandre Papilian - dans Parents et enfants
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