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  • : Alexandre Papilian
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  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 13:14

Papa GIGN

 

 

Amélie m'incite prendre sa main. Nous avançons sur le sentier ensoleillé parsemé de pommes de pin et de quelques crottes de chien sèches. Nous somme en vacances, à la mer. En face de nous, la Méditerranée mélange du bleu, du gris d'acier et encore une couleur dont je ne connais pas le nom, plutôt un rien, une atmosphère, nous appelle. Nous envoûte.

Une fois sur la plage, nous laissons tomber nos sacs et nos vêtements et nous nous précipitons vers l'eau affriolante. On s'éloigne un peu. Mais on garde toujours pied. On s'embrasse. Les sensations sont nouvelles pour tous les deux, c'est évident. Je le vois. Nous sommes encore des enfants. Dix et onze ans. Dix, moi. Onze, elle. Le baiser n'est pas extraordinaire. Mais je pourrai dire plus tard que je l'ai fait. Je ne suis plus un vrai enfant, donc. Je peux me regarde de l'extérieur. Sensation inédite toujours.

Je bande. J'essaie d'éviter la catastrophe. Mais Amélie, comme par hasard se frotte à moi d'une manière imprévue et insistante. J'éjacule. Heureusement nous sommes dans l'eau. On ne voit rien. Pourtant, j'ai honte. Je ne sais pas quelle image j'offrirai à notre monde à notre sortie de l'eau.

Mais tout va bien. On s'embrasse encore et encore. Je ne bande plus. Cependant mon sexe est encore irrité. Amélie le sent bien... Puis nous sortons.

Allongés sur nos draps de plage, nous bavardons tout en nous tenant par la main. La paix. Le soleil brille mais ne brûle pas. La brise sent le pin. La mer est tranquille. Nous nous taisons. Nous nous assoupissons.

J'ouvre les yeux. Amélie me dévisage, en s’appuyant sur son coud.

- Dis, dit-elle, c'est vrai que ton père est GIGN, officier GIGN ?

- Yes Miss.

- Il a tué des gens ?

- ...

Dans le regard d'Amélie explose une flamme noir. Elle m'embarrasse. Elle me sourit. Je discerne quelque chose d'étrange dans son expression. Quelque chose qui appelle la jalousie. La beauté n'y est pas. Sûr et certain. Elle me manque. Et je me demande qu'est-ce que c'est. La beauté, j'entends. Pourquoi elle me manque.

Amélie se penche sur moi et me donne un baiser très léger, fugitif sur mes lèvres. Mais ce n'est pas moi qu'elle embrasse.

Je suis mal à l'aise.

Dans un sursaut de révolte tournée très vite en orgueil, puis en haine, je me promets de la pécho ce soir. Merci Papa.

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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Published by Alexandre Papilian - dans Parents et enfants
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