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  • : Alexandre Papilian
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  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 22:40

Tu m'as baisée sur le lit de ma fille

 

 

- Tu m'as baisée sur le lit de ma fille ! cria Élise.

Elle avait laissé la fenêtre ouverte (très). Il faisait chaud (trop). C'était l'été (très). Elle avait hurlé (très) (trop). Pour que les voisins en soient informés : elle prenait son pied.

Je l'avais sodomisée (très) debout. Tout en lui introduisant son doigt dans la chatte.

Nous avons bien fumés (très), tous les deux. Il y avait de l'hilarité (très) dans l'air. Beaucoup. Elle n'a pas été déçue. C'est ce qu'elle m'a dit après. Elle regrettait pourtant les mots concernant le lit de sa fille, qui lui avaient échappés. Enfin, j'avais cette impression. Regret (trop) coupable, (très) agréable.

Pervers, alors. Pervers !

Des éclats de rire. Étouffants. Des convulsions. Elle souhaitait que je m'applique. Dans cette direction, je veux dire, baiser sa fille. Peut-être avec sa participation à elle, à Élise-même. Soit pour dépuceler la gamine. Soit pour une partie à trois...

Elle était prof d'histoire au Lycée Molière, dans le XVI-ème. Elle avait les cheveux coupés court, à la garçonne (trop). Plus une mèche rouge (très).

Sa fille était chez son père. La baise pédo ou trio n'était donc qu'un fantasme plus ou moins contagieux.

Je connaissais la môme. Pas trop sexy. Maigre et d'un blanc sué ; lymphatique ; molle. Asexuelle.

- Tu m'as baisée sur le lit de ma fille !

Deux heures auparavant, le collègue d'Élise, un prénommé Pascal, prof de je ne sais pas quoi, un trentenaire carrément laid (des cheveux raides et presque sans couleur, des yeux gris ni ronds ni en amande – ni carrés, ah ah ah – , un front bas et rectangulaire, des doigts aux ongles rongés, une chemise verte trop lavée et jamais repassée), nous avait entretenu avec sa petite histoire personnelle. Quitté par sa femme (une junkie « horrible », surtout quand elle se promenait nue, lunatique et puante dans la maison, avant de tomber raide dans un sommeil à mauvaise haleine, ou lors de ses crises de delirium, ou lors de ses crises fébriles, désespérées et suicidaires, haineuses de manque), lorsque leur enfant avait à peine deux mois, il s'était trouvé des qualités, des pouvoirs ! – plus que paternels.

- Maternelles.

- C'était un garçon.

Il l'avait dopé d'une idée que plus d'un trouvera sinistre, je crois. L'enfant aurait été fait et porté dans le ventre de son père. Sorti à la lumière par césarienne.

Élise était fascinée par cette entorse psycho-intellectuelle. « C'est le murmure, le gémissement d'un nouveau monde. » Sous-entendu : qui attendait voir le jour, ce nouveau monde.

Moi, je trouvais qu'il s'agissait de la mort. Mais je n'ai rien dit. En me regardant maintenant, après la baise criante (ou crieuse), Élise s'en aperçut pourtant. Dans ses yeux globuleux, la folie subtile du para- ou du méta-inceste de tout à l'heure faisait de petites vagues scintillantes presque insaisissables.

(- Tu m'as baisée sur le lit de ma fille!)

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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Published by Alexandre Papilian - dans Parents et enfants
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