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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 10:10

Mon devoir, garder le silence

 

 

Ça me torture. Je suis inerte. Je subis. Je suis pressé, malmené. Sans avoir mon mot à dire. D'ailleurs, quels mots pour ce que je vis ? Quels mots pour quelle vie ? Il n'y a pas des mots pour l'incertitude qui enveloppe la certitude. Pas de mots pour le soupçon qui ronge mes tripes dans un silence assourdissant. Qui me tue.

Le peu d'énergie qui m'anime encore est absorbé par une espèce d'avenir qui n'en est pas un. On suce le peu d'énergie qui me reste. C'est impersonnel. Ça ne m'appartient pas. Ni l'énergie, ni la puissance absorbante. Ni moi-même, en fait. C'est le mal. C'est le mal qui fait tout. Un mal menaçant.

Un début de dépression, peut-être ? Soit ? En tout cas, le mal y est. Ici.

Je n'ai aucune preuve, mis à part mon soupçon. Aucune. Mais j'ai de mon côté le savoir. Mon savoir.

Je sais qu'Albertine n'est pas mon enfant, mais celui de Christophe, mon frère. Comment le sais-je ? Comme ça, tout simplement. Il n'est pas exclus que je sois le seul à le savoir. Christophe et Hélène, mon épouse, peuvent se dire eux aussi qu'Albertine serait leur « fruit » à eux. Mais ils se peut qu'ils ne soient pas sûrs comme je le suis moi. Ils savent qu'ils avaient couché ensemble. Mais ils ne savent pas s'il avaient procrée. Ça non, il ne le savent pas. Ils ne peuvent pas le savoir. Ils peuvent uniquement le soupçonner.

Tandis que moi, je le sais, moi. Tout en soupçonnant, certes. Mais je le sais pertinemment. Il ne peut être autrement du moment où je suis habité par le soupçon.

C'est comme ça. C'est ça. Et pas autrement.

Ils ne peuvent pas vivre ma douleur. La douleur est la seule chose sûre dans ce monde. Le bonheur n'est pas sûr. Il ne peut pas être sûr. Il ne peut même pas être ressenti tel que la douleur. Il ne peut pas être la preuve, la justification de la vie.

Ma femme a couché avec mon frère. Et je dois me taire. Leur enfant c'est comme s'il était le mien. Comme si, mais pas sûr.

Si je voulais les tuer, je n'avais qu'à parler. Mais je ne le veux pas. Du moins, pas encore. Je suis fort. Je me tais.

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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