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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 13:34

Porc, poulet et encore

 

 

Il m'arrive d'être un porc. Il m'arrive d'être un poulet.

C'est pas grave.

Gogol, le grand Gogol écrivait une nouvelle dont le narrateur était un petit chien. À moins que ce ne soit le petit chien qui ait écrit la nouvelle. Ou Tchekhov, peut-être. De toute façon, Gogol est mort fou. Tchekhov aussi c'est fichu.

Cela étant, revenons à nous moutons. Au porc et au poulet. Que je suis parfois. C'est ma manière consciente, ludique (même si idiote) de faire en sorte que l'ontogenèse récapitule la phylogenèse (comme l'on dit parfois, quand on veut se montrer cultivé et intelligent).

Pour le poulet, la problématique familiale me paraît assez intéressante. Je crois que les spécialistes se sont longuement attardés sur la question et se sont scientifiquement exprimés à ce sujet. Moi, en simple amateur, je suis fasciné par le fait que je ne fus pas couvé par une mère-poule/poule-mère, mais par une armoire (ridiculement mais aussi monstrueusement appelée « couveuse ») électrique. Ce qui marqua mon esprit. Sans que ceci provoque le moindre souci à quiconque. Ensuite, en tant qu’embryon et futur poussin, avant de sortir de ma coque, je me suis nourri de ce que j'ai trouvé dans l’œuf, du blanc et du jaune. Je me demande comment j'ai fait pour évacuer les bio-déjections caractéristiques à tout bio. Pas de souvenirs ! Une fois dehors, je fus confronté à un manque formateur.

- La poule-mère/la mère-poule n'existait pas.

Même pas en hologramme.

Du coup, je n'avais ni frères ni sœurs – que seule la mère-poule/poule-mère aurait pu désigner en tant que. Ensuite, quelques jours après la sortie de ma coquille, je fus palpé par des spécialistes qui décidèrent si j'étais un coq ou une poule. Ensuite je commençai ma croissance. Ensuite, après six semaines, on m’emmena soit à l’abattoir, soit dans la halle aux poules pondeuses, soit à la salle de castration. Ensuite, tôt ou tard, à l'abattoir. Bien déplumé, je devins poulet fermier ou poulet rôti, cuisses, escalopes, gésiers, foie, nuggets, rillettes, farine animale, merde animale.

- Ensuite et au mieux, de la merde humaine.

Pour le porc, la problématique familiale se montre plus complexe. Je fus expulsé du ventre de la truie (ma mère) à l'instar de tous mes frères et sœurs. Je tétai un certain temps les mamelles d'un être énorme, couché la plus part du temps, qui grognait doucement (ma mère encore). Tout ça se passait dans une grande halle, pleine d'une lumière faible, de néon, et de barreaux qui séparaient les familles, truie et petits. Lorsque les aléas de mon existence ne me permirent plus d'être abattu avant d'atteindre quinze kilos ou six semaines de vie, pour finir dans des assiettes en tant que cochon de lait, après le sevrage, je devins un être presque entièrement formé selon les règles de ma race. Verrat ou cochette je changeai de salle selon ma destination/solution finale. Je fus gardé(e) dans l'état, pour la reproduction. Je fus castré(e), pour ma viande et mon lard.

- Tout est bon dans le cochon.

Finalement, je devins, à l'instar du poulet déjà évoqué, de la merde humaine.

- Mais, lorsqu'il m'arrive (hologramme ou pas hologramme) d'être un cochon et un poulet à la fois. ce n'est pas uniquement cet état des choses qui nous rassemble et nous unit, dans notre grande, dans notre immense famille de fabricants de merde humaine.

D'accord, pas uniquement, mais encore.

C'est quoi une famille ?

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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