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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 14:24

Molosse

 

 

Les cris d'Aline déclenchèrent des frissons d'épouvante dans mon dos et dans mon ventre.

Je tournai la tête et je vis le chien du voisin, un monstre qui terrorisait tout le monde, secouant la petite. Il s'était emparé du bras de l'enfant et bougeait avec une force plus que sauvage la tête à droite et à gauche. Il tuait sa proie.

La petite hurlait à mort.

Je quittais la tondeuse et en deux sauts j'arrivais à côté de l'animal qui tuait Aline. Je lui envoyai un coup de pied dans les côtes, mais il ne fut que très peu impressionné. À peine tourna-t-il son regard vers moi tout en secouant la petite. Celle-ci trouvait encore la force de hurler son effroi, sa douleur, son désastre.

Je me jetai sur le corps de l’animal en essayant de lui trouver un œil pour l'éborgner ou, au moins, pour le surprendre en lui provoquant une douleur aveuglante et salutaire.

Échec !

Il bougeait la tête avec une force telle et dans un tel rythme que mes doigts crispés n'arrivaient pas à suivre pour lui crever l’œil.

Avant de penser même, comme dans un rêve, je lui entourai le cou avec le bras gauche et je me laissai tomber de tout mon poids sur son corps. Ses côtes craquèrent. Il ouvrit la gueule et libéra la fillette. Ses pieds bougeaient spasmodiquement. Il manquait d'air. Je croisai son regard pour une nanoseconde. Il voulait me tuer. Il en était prêt.

Je connaissais cet éclat. Mes ancêtres l'avaient déjà aperçu, l'avait déjà vécu. Ils lui ont répondu avec leurs forces d'antan. Ils ont tué la bête qui essayait de les tuer. Je ne pouvait que suivre leur exemple. Il fallait que je tue l'animal et sauver ma petite fille qui gémissait à un pas de l'endroit où j’étranglais le molosse.

De la main droite, j'attrapai le stylo bille de la poche de mon bleu de travail.

Je le plantai violemment, avec une force méconnaissable dans le cou de la bête. J'avais vu juste. Le stylo perça la peau et s'enfonça dans le cou. Un jet de sang chaude me fit comprendre que j'avais trouvé la carotide.

Le corps du chien commença à se démener autrement. Le son baveux sorti de son museau changea lui aussi. Il expirait la mort.

Je me levai et ramassai Aline. Elle respirait toujours mais elle avait perdu connaissance. Derrière moi, le chien se tortillait violemment. D'un bond, il se mit sur ses quatre pattes. Il chancelait. Il regardait l'herbe ensanglantée. Il bavait. Il leva un peu la tête. Nos regards se rencontrèrent. La mort était arrivée. Nous nous comprimes l'un l'autre sans que ce soit ni bien, ni mal.

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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