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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 15:51

Une histoire végétarienne

 

 

Je ne veux plus manger de la viande. Ni du gibier (je ressens, mélodramatiquement, d'accord, mais pas moins vrai, la douleur de l’être libre et chaud, fauché par la balle) ni, surtout, des bêtes élevée dans des batteries. Ni du porc, ni du poulet, ni du saumon… Rien de tout ça. Je ne supporte plus l’image que cette viande soulève dans mon être, dans mon étant. Les batteries pré-abattoiriennes, avec leur manque de lumière naturelle, avec leur manque d’atmosphère naturelle, avec leur manque de nourriture naturelle, avec leur plus d’hormones et d’antibiotiques à vomir... Tout ça me bloque. Me travaille. Me hante. Me torture.

- Même les vaches vivantes (qui donnent la viande de... bœuf morte), je n'en veux plus d'elles !

Il existe une photo célèbre, prise jadis aux abattoirs de Paris, à la Villette : trois ou quatre paires de pieds de bovins, avec leur sabots, contre un mur en briques. Une photo en noir et blanc, une peu travaillée « au niveau » ou « par rapport » (pauvre langue française !) à la lumière. Je ne me souviens plus du nom du photographe. (Il est présent dans certains livres d'art, pourtant.) Et d’autant moins des noms des bœufs-vaches (mauvaise blague) évanouis, non-présents dans l’image car morts – dont on avait immortalisé (!) les pieds.

Je trouve que l’humain est sinon abject, plus que fou.

Je veux passer à une nourriture saine ; en l’occurrence, végétale. Ne plus me fracasser la tête quant à la nourriture, quant à son pourquoi.

- C’est mon fils qui a ouvert mes yeux.

Il est végétarien, en train de devenir végétalien. En train de refuser même les œufs, les fromages… Un radis noir, coupé en lamelles extrafines, avec un filet d’huile d’olive, un peu de sel et une larme de jus de citron, voilà qui est bon. Ou, aussi, de la purée de pommes crues avec des pignes.

C’est mon fils. C’est ma représentation renversée.

Son végétarisme en train de devenir végétalisme lui apporte une paix qui m’agace et que j’envie. Il est sans doute tourmenté par quelque chose. On ne devient pas végétarien et végétalien tout simplement parce qu’on était bien et heureux. Certainement.

- Il n’a pas de petite amie.

Mais ça ne lui pose pas vraiment de problèmes. Moi aussi je n’ai personne dans ma vie. Çà va donc sans. Et pourquoi pas ?

Sa mère, elle, a un compagnon. Un pharmacien vivant seul, dans son appartement confortable à la Défense.

- Comment peut-on vivre au milieu d’un tel amas de gratte-ciels, bétons, vitres et glaces, jardins suspendus et vibrations permanentes (voies souterraines, chauffage et clim, ascenseurs toujours en marche, ordinateurs clignotants et clapotants, téléphones portables toujours allumés – et tout) ?

Elle a trouvé chaussure à son pied, elle. Elle est la mère de mon fils. Du sien.

- C’est comme si elle était ma mère détournée, perverse.

Dorénavant, on peut s'écouler, s'épandre dans toutes les directions. C’est ça la liberté. Enfin, ce qui se trouve avant la liberté proprement dite, avant le choix. C’est ça la pré-liberté encore plus grande que la liberté proprement dite…

Avec un bémol pourtant. Quelle mouche, qui de nous, sa mère ou moi, aurait piqué mon fils, le sien, le nôtre, pour qu'il renonce à manger de la viande, pour qu'il m'incite à emprunter le même chemin que lui ? Vers le passé très lointain de l’homme. Ou de Dieu.

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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