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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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14 décembre 2017 4 14 /12 /décembre /2017 08:58

Ce ne serait que justice

 

 

Nous sommes stériles, toutes les deux. Depuis toujours et pour toujours, je crois. D'où notre amitié, je crois. Sinon, nous n'avons pas grand chose en commun. Mais l'amitié de deux femmes stériles, ne peut être que la plus forte des amitiés du monde. L'amitié du désespoir. L'amitié du désastre. L'amitié de l'infernal. Du létal.

Je ne crois pas me tromper.

Elle s'est mariée avec l'intention de mourir en beauté. Tout en beauté. Bellement. Parce qu'il ne serait pas la même chose de mourir sans époux, qu'avec – voyez vous !

Elle est un peu bête, me suis-je dit en assistant à son mariage en tant que témoin.

Oui, seulement que, six mois après ce mariage, ils ont décidé d'adopter. Ils en avaient les moyens. Ils sont allés chercher leurs morveux loin, au Haïti. Deux garçons noirs et trop vifs.

Elle se plaint. Elle ne résiste plus. Ils courent et crient toute la journée. Elle n'a pas assez d'énergie pour leur courir après. Les protéger. Les gronder. Les punir. Les câliner. Elle pavane. Elle frime.

Ils sont beaux, ses diablotins. Ils prennent les choses comme elles viennent. La vie qui se trouve dans ces choses. Ils la prennent telle qu'elle. Ils débordent d'une force de mec. Ils seront des mâles.

- J'ai des larmes aux yeux.

Je cache mon émotion. Je ne suis pas trop bien. Pas bien du tout, à vrai dire. Je trouve tout ça fort injuste.

Ils sont heureux. Heureux l'un de l'autre. Comment dire. Avec leurs gamins – tous les quatre. C'est un bonheur qui ne peut faire du bien qu'à eux seuls. À moi de toute façon c'est non. Je ne suis pas habituée au bonheur des autres. À vivre avec. Il m'agace, ce bonheur des autres. Il ne peut être qu'artificiel. Au mieux, faux. Le bonheur se gagne. Se paye. Qu'est-ce qu'ils font les autres, tous, pour le mériter ? L'ont-ils gagné ? L'ont-ils payé ? Aucunement. J'en suis sûre. Plus que ! Je sais, moi, ce que gagner et payer le bonheur veut dire. Ou, plutôt, ne pas le gagner, mais le payer en revanche. Le payer cher. En plus. Très cher.

Je sais ce que je vais faire.

Je vais les faire divorcer. Tout en douceur. D'une manière inobservable.

Ce ne serait que justice.

Elle n'a pas besoin et d'un mari heureux et des enfants heureux. Elle n'a pas le droit à tout ça.

Je vais la faire divorcer.

Maintenant.

Sur place.

Tout de suite.

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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