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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 07:27

Je n'ai pas d'enfants

 

 

Ils sont trois, deux hommes et une femme.

Je dis : « Elle se remettra, non ? »

« Non » me répond un d'entre eux, en me regardant dans les yeux. 

C'est mon opinion aussi. Elle va mourir. Ici, dans la chambre d'hôpital que l’on partage. Elle va mourir, ici, à côté de moi.

Je vais demander qu'on me mette ailleurs. Je ne vois pas pourquoi je devais supporter sa mort. Je n'ai rien en commun avec elle. Je ne vois pas pourquoi c'est moi qui devrai entendre son dernier hhhhrrrr. Pendant la nuit, peut-être. Ou le matin, juste avant le réveil. Ou à midi, pendant qu'on m'apporte à manger...

Je ne vois vraiment pas.

Ce serait comme une condamnation. Mais je n'ai rien fait de mal. Du moins dans ce domaine. Dans cette histoire.

Ce qui m'intrigue le plus c'est comme a-t-il pu me dire « non », son fils. En me regardant dans les yeux. Comme s'il voulait transférer son fardeau sur moi. En moi.

Ou, simplement, comme ça, comme une information quelle conque. Elle va mourir, sa mère. Leur mère. Et c'est tout. Je lui ai posé la question et lui, aimable, civilisé, poli, m'avait répondu : « non », elle ne vivra plus sa mère – d'ici peu.

Et les deux autres, quoi dire d'eux ? Ils sont venus assister au départ de leur mère. C'était un acte pieux et filial. Ou filial uniquement. Peut-être qu'ils ne croient même pas au Dieu. Dommage. Pourtant, même s'ils ne croyaient pas au Dieu, ils étaient venus. Ils ressentaient ce besoin (envie) étrange, de veiller au chevet de son mourant. De veiller son mourant.

J'ai peur, moi. J'essaie de ne pas paniquer. Mais j'ai peur. Je panique.

Je ne suis pas bien.

Déjà je ne l'étais lors de mon admission à l'hôpital !...

Moi, je n'ai pas d'enfants.

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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