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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 08:41

 

 

 

Je veux que ma mort soit filmée

 

 

J'ai décidé de faire filmer les accouchements de mes six enfants. Ça m'a permis de couvrir la moitié du crédit pour la maison.

Ça rapporte l’exhibitionnisme. Aussi, le voyeurisme des autres.

Les équipes des télévisions ont changé, avec le temps. Aussi les cinq pères de mes six. Aussi, mon âge. Aussi l'âge de mes enfants. Mais pas la substance du reportage.

Il faut avoir un bon agent. Nous en avons un. Assez bon. Il a vite compris l'affaire et son importance. Une importance qui grandit sans discontinuer.

Explication.

J'ai donné à notre monde six enfants. Dans l'ordre d'arrivée, une blanche, un métisse noir, un autre asiatique, encore une noire et deux jumeaux blancs. Six enfants et cinq pères. 

Le contrat avec la télévision prévoit la réalisation de séquences avec ma famille tous les deux ans. Ma famille, c'est à dire mes enfants et moi plus, d'une manière secondaire, leurs pères. De la vraie vie. Du vrai vécu. Une évolution dans le temps. Un témoignage à étages.

Mis à part les accouchements proprement-dits –  avec la participation des pères, à la clinique, et avec l'émotion des enfants déjà faits, à la maison –, ce qui compte sera l'évolution des mœurs de la famille matriarcale que je dirigerai. Son évolution à l'interne, mais aussi son évolution à l'externe, dans la société.

L'idée est tout aussi féconde que la vie même. Cette téléréalité espacée, à longue haleine, avec ses épisodes réalisés et diffusés tous les deux ans, pourrait continuer jusqu'à la fin des temps. Les droits d'auteurs, les droits dérivés pourraient constituer un revenu très important pour tous mes descendants.

Mais cette petite idée ne rencontre plus aujourd'hui un trop grand succès dans mon âme. Aujourd'hui, je suis dominée par une idée chopée à la télé. Selon cette idée, il existerait quelque part en Afrique une petite tribu saharienne qui cultiverait une drôle de tradition : avant d'être des fauves et des bêtes, les animaux avaient été des hommes.

J'en fus séduite.

Les émissions/reportages faites autour de moi et de ma famille matriarcale resteront dans l'univers audio-visuel-numérique pour toujours.

Je veux que ma mort soit enregistrée et bien conservée dans les images qui resteront pour toujours après la disparition de l'homme et l'éclosion du transhumain dans la sphère audio-visuelle numérique.

Macabre ? Sinistre ? Possible !

Mais mon histoire audiovisuelle numérique sera ainsi, comment dire, correcte, représentative et surtout utile pour le monde transhumain qui commence à nous inonder.

Mutatis mutandis je serais comme les animaux de la petite légende de tout à l'heure.

Avant de devenir, avant d'être une image, je fus un humain ayant des enfants.

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

 

 

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