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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 09:38

 

 

...Déjà...

 

 

     Ce qu'elle ne sait pas, ma mère, c'est que je vais venger Louis. Il s'appelle Abdallah (serviteur d'Allah). Moi je l'appelle Louis. Comme les Rois de France. Je sais que je vais (trop) fort. Et alors ? Un jour, on m'a dit que je serais excessive. Je me souviens du mot. Excessive ! Et puis quoi encore ? Ce n'est pas un mot que j'emploie, ni qu'on emploie autour de moi. C'est justement pour cela que je l'ai retenu.

     Ma connasse de mère a prêté l'oreille aux dires d'une autre connasse. Elle ne la connaissait même pas. L'autre a eu un fils qui est mort sous les balles. Règlement de comptes, bien sûr. Quoi d'autre ? Elle dit qu'elle l'a toujours, son fils, l'autre. Il n'est pas mort, dans son âme à elle. Mais son âme à lui, si, elle est morte. Elle est morte parce qu'il s'est laissé envoûter par ses copains. Et par la tune, bien entendu.

     Des dealers. La drogue. Et alors ? On n'en a pas le droit ? On pourrait dire que l'âme du mort vit, pourtant et toujours – dans l'âme de sa mère. Mais c'est pas la question. La question c'est que cette mère pousse les autres mères à la dénonciation, à la délation. Qu'elles dénoncent leurs fils, si elles veulent qu'ils restent en vie ! Comme si une vie derrière les barreaux serait une vraie vie.

     Elle est conne. C'est clair. Très conne. Elle a dénoncé Louis. Voilà ce qu'elle a fait.

     On l'a arrêté. On lui a trouvé tous les poux possibles, car on l'a voulu ainsi : lui trouver des poux.

     Et nous n'avons pas un père pour lui remonter les bretelles à la connasse. Il est mort dans un accident du travail. Il s'appelait Idriss (premier homme ayant écrit). Le con. Il nous a laissé seuls, avec la cafarde. Avec l'âme de celle-ci, qui ne trouve rien de mieux à faire que de dénoncer Louis à la police. Pour lui soi-disant sauver la vie.

     Tu parles !

     Je vais le venger, moi. Je vais prendre sa place, à la connasse. Si elle n'est pas capable d'être une vraie mère pour lui, c'est moi qui m'en chargerai...

     - Ce ne sera pourtant pas facile.

     Être la mère de son frère.

     - Et pourquoi pas sa femme ?

     - Ou sa fille !

     Ou les deux ! Enfin, les trois.

     - Trois, avec la sœur que je suis déjà.

     …Déjà...

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

 

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