Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
  • Contact

Profil

  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

Texte Libre

Rechercher

1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 14:18

 

 

Plus tard

 

 

     Certes, j'aimerais que ma fille ait un père. Cependant ce n'est pas possible. Pour le moment, du moins. Je ne peux pas lui donner comme père le donneur anonyme des paillettes congelées de sperme qui m'ont fertilisée.

     Pourquoi n'ai-je pas utilisé un mec vivant ? C'est peut-être une bonne question. Parce que je n'en ai pas trouvé. Voilà pourquoi ! Tout ce que j'ai trouvé, n'était pas satisfaisant. Et je voulais un enfant. (Je voulais – en – faire/avoir un. Me construire ainsi. Vouloir un enfant, c'est se construire.) Et je l'ai faite toute seule, comme dit la chanson. Il y a même une chanson pour ça, pour faire un enfant toute seule. Une chanson.

     Les racines de ce « faire un enfant toute seule » sont longues et puissantes, profondément implantées dans ce que j'appelle l'humanité amorphe.

     Prenons par exemple mon père. Ma mère aussi. Enfin, mes parents, quoi !

     - À l'heure où je n'existais pas encore.

     Ils m'ont faite. C'est comme ça que l'on dit. J'ai été faite. Nommée par la société. Prénommée par mes parents. Aucune responsabilité pour moi, donc. N'est-ce pas bizarre ? Ne pas avoir des responsabilités en ce qui concerne sa propre création et sa naissance ! Comment en avoir, alors, pour la suite, pour sa propre vie ? Et encore, pour la vie des autres, ses enfants compris ?...

     Trop lourd pour moi, tout ça.

     Alors, revenons à mon père. Résumons-nous à lui. Il s'est éclipsé une fois ma conception achevée. Dix-sept ans plus tard, il a daigné se montrer.

     Maman a accepté de le voir. Elle me l'a donné.

     Je me suis retrouvée avec deux pères. Le premier, que je n'ai pas connu pendant mes premières dix-sept ans de ma vie. Le second, qui s'est fait connaître après mes dix-sept ans de vie. Et dire que c'était pourtant la même personne. Deux pères, la même personne. En tout cas, on ne peut pas être le même, selon que l'on soit connu ou inconnu. Ou reconnu.

Enfin, il est venu vers moi. Pour faire connaissance. Lui, en tant que père. Moi, en tant que fille.

     Je ne sais pas ce qui s'est passé/brûlé entre maman et lui pour qu'il mette dix-sept ans avant de se montrer. Je crois qu'il n'a pas aimé maman. Je le dis, parce que maman m'a dit qu'elle l'avait aimé. Elle l'a aimé, elle. Je crois qu'il était, comment dire, non pas bizarre, ni étrange, mais... spécial. Peut-être... un homme ?

     Il n'a pas aimé maman. Maman a voulu un enfant – de lui. Car elle l'aimait. Elle ne m'a pas voulu moi. Elle a voulu purement et simplement qu'il lui donne un enfant à faire.

     Il lui a donné cet enfant – qui n'était pas encore moi – car elle le lui demandait. Pas plus !  Que ça !

     Je porte son nom. Ma mère, non. Ils ne se sont jamais mariés. Je porte son nom à lui, moi.      Ma fille, aussi.

     Voilà.

     - Je ne sais pas qui, je ne sais plus où je suis.

     Chose valable, je crois, pour ma fille aussi. Ou, peut-être, pas encore. Elle est encore trop jeune. Elle n'a que treize ans. Le problème se posera, peut-être, un peu plus tard. Pour elle.

     - Où ?

     - Plus tard.

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

 

 

Partager cet article

Repost0

commentaires