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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 08:48

 

 

Un père parle à sa fille

 

 

     J'ai bien compris, ma chérie. Peut-être pas tout, mais ce que j'ai capté je l'ai digéré et assimilé.

     Maintenant, voyons comment régler l'affaire avec ta mère.

     Je suis très touché que tu sois venue me voir en premier. Je ne suis pas de la race féminine, et pourtant c'est vers moi que tu t'es dirigée. Cela me parle beaucoup. Et je t'en remercie beaucoup-beaucoup.

     - Pour cette preuve de confiance et d'amour.

     En même temps, je suis un peu inquiet quant à ta relation avec ta mère. Elle est ta mère. Un point, c'est tout. Elle n'est pas toujours trop tolérante, trop compréhensive à ton endroit. C'est vrai. Mais elle a beaucoup d'autres qualités qui font que son irascibilité et son jugement souvent étriqué soient souvent justes. Enfin, je veux dire, acceptables pour nous, ses proches.

Maintenant, je te dirai ce que je pense, moi. Je pense que ce n'est pas grave. Si tu es sûre, sûre-sûre, je n'ai rien à dire de ce point de vue. Je ne sais pas ce qu'aimer le même sexe veut dire. Mais ce n'est pas mon affaire. Moi, j'aime les femmes, moi. Et ta mère en sait quelque chose. Je ne me vois pas aimer un homme... Mais, encore une fois, ce n'est pas mon affaire. Si tu as décidé que pour toi la solution du problème c'est la femme, très bien. Que la femme soit la bienvenue !

     Maintenant, il faut composer avec ta mère. Je n'ai pas l'impression qu'elle serait trop douée en la matière. Mais je n'en mettrais pas la main au feu. Je l'ai toujours trouvé féminine. Féminine pour moi. Si tu vois ce que je veux dire. Elle me va très bien. Je trouve que sa féminité correspond à ma masculinité. Quant aux proportions, aux rapports entre la masculinité et la féminité de notre couple, je me déclare incompétent mais content.

Pourquoi je te dis tout ça. Pour que tu captes que tu pouvais heurter et blesser ta mère lorsque tu vas lui parler. Je crois qu'elle comprendra. Peut-être même tout. Et même au delà de tout, si tu vois ce que je veux dire. Elle est ta mère. Et cette situation ne peut pas être concassée et laminée. Elle ne pourra pas ne pas accepter ce que tu lui dis. Mais elle va le faire d'une autre manière que moi maintenant.

     Comment te dire, nous existons pour faire face à cette situation – plus qu'inattendue. Je pense avoir tout dit de ce qui était à dire de notre point de vue de parents. Au minimum, de mon point de vue de père....

     Mais, avant de finir, il faut que je te dise quelque chose, même si ça ne va pas te plaire.

Tu risques de te retrouver très seule, tout seule – face à un vide plein de désespoir. Donc pas tellement vide. Et d'autant plus dangereux.

      Quand ta mère m'a annoncé sa grossesse, je n'ai pas réalisé pour de vrai la vérité de la chose. Trop jeune ! Mais quand tu es venue au monde, avec tes très petits doigts et très petits orteils, un merveilleux scarabée gauche, besogneux et en même temps terriblement puissant, nous nous sommes retrouvés, ta mère et moi – en toi. Ça a été inoubliable. Nos vies ont changé comme ce n'est pas possible. Elles sont devenues notre vie. Et cette notre vie – c'était toi.

     Or ceci, tu risques de ne pas le vivre. Et c'est dommage.

     Alors, réfléchis bien-bien. Pour nous, ta mère et moi, le bonheur est devenu réel. Il est réel et il va rester réel jusqu'à la fin. Je parle de notre fin à nous... La fin de notre monde... Il n'y pas de mots pour exprimer ce bonheur.

     - Pour t'exprimer – toi. 

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

 

 

 

 

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