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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 07:58
 
 
Gang
 
 
     Huit années de prison. Cinq enfants placés. Je n'ai rien à foutre d'eux. De leurs pères encore moins. Des bites qui répandent du sperme et qui touchent mon clitoris en le faisant vibrer. Et puis plus rien. Eux, ils s'évaporent de leur côté, pour trouver leurs drogues à sniffer et à dealer. Moi, de l'autre côté, et s'il se trouve pour la même drogue...
     Les enfants, moi non, je n'ai pas envie de les voir. À quoi bon ? Ils ne me reconnaîtront même pas. Moi non plus, je ne les reconnaîtrai pas. Ou, s'il se trouve que si, ils auront le crâne bourré de merde. Bourré de ce que les autres leur auront mis dedans. Ils ne pourront pas m'aimer. Ni me respecter. Ils ne savent pas qui je suis. Comme tous les autres, d'ailleurs. Non, non. Je les ai abandonnés, diront-ils. J'encombrerais leur vie. Sans leur donner quelque chose en échange. Mes années de prisons mis à part.
     Ma vie ne se développe plus, elle s'écoule. Comme ça – sans « ça ».
     Je n'aime pas travailler. Qui peut aimer travailler ? Les connards. Les pigeons.
     Les pigeons sont faits pour qu'on les déplume. Qu'ils travaillent, alors. Pour qu'on les déplume. Ils doivent payer leur droit d'exister. Pour eux, l'existence existe. En tout cas, ça compte, l'existence – pour eux. Ça compte tellement, qu'ils n'osent même pas appeler les flics quand on leur fait les poches. Ou plus. Quand on leur demande de payer leur dîme. Ils savent qu'ils resteront seuls après. Seuls avec nous. Pour eux, la police n'est que trop inutile.
     Pour nous, par contre, les flics sont plus que nécessaires. Sinon, tout le monde pourrait monter des gangs. Même les pigeons. Les politiques, les banquiers, les toubibs, les pompiers, et même la flicaille, le blacks, les jaunes, les patrons, les syndicats et tout ça, ne sont que des bandes, des bandes et encore des bandes.
     Quand on va punir ceux ou celles qui ne respectent pas notre territoire, la police pourra être utile si les autres étaient plus forts. Ou plus fortes. Vu que les gangs de nanas commencent à exister et à se faire exister. Les flics, que l'on connaît plus que bien, peuvent nous éviter la mort. Que ce soit chez les autres ou chez nous.
     Une vie sans flics, c'est pas possible.
     Sans prisons, non plus.
     Les flics, c'est bien. Les prisons, aussi.
     Les mecs, de temps en temps.
     Les enfants jamais. Ou, peut-être, plus tard. Lorsqu'il sera trop tard.
 
En vente sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
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