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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 08:05
 
   
                                  À rebours
 
     Tout le monde ne connaît pas la célèbre œuvre À rebours. Ni son pas moins célèbre auteur, Joris-Karl Huysmans.
(C'est ça « tout le monde ». Il ne connaît pas telle chose ou telle personne... Tant pis !)
     Je vais vous entretenir au sujet d'un rebours particulier. Même faux, peut-être. Il s'agit de la réalité particulière – niée en bloc et avec véhémence par les scientifiques, mais confirmée par le langage (sachant que ce que la langue supporte, peut et doit être non seulement possible et vrai, mais aussi réel) – concernant la fille qui est grosse de sa mère.
     (Pour la gent masculine, pas de danger. Pas de grossesse en vue. Pas de rebours de ce type. C'est comme ça les compagnons de nos vies. Ils ont tout pour eux.)
     Cette fille n’est autre que moi. D'où l’intérêt de l'histoire. Je n'ai pas l'habitude de raconter des galimatias sur les uns et sur les autres. Moi, ça me suffit. Je me suis suffisante. Autarcique, autrement dit. Je suis intéressante. En tout cas, je trouve.
     - Je justifie pleinement mon existence en tant que moi – de toute façon.
     Je n'ai pas été toujours comme ça, grosse de ma mère. Je dirais plutôt l'inverse. C'est elle, ma mère, qui fut, à un moment donné, grosse de moi.
     Mais ce n'est plus le cas.
     Aujourd'hui, les choses ont changé d'une manière plus que radicale.
     Au point que je n'aime plus, mais plus du tout, faire l'amour. Et quand on pense qu'il y a une période faste-faste-faste de ma vie où j'aimais non seulement faire l'amour, mais aussi la baise.
     Avant mon admission à Saint Anne1, ou pendant, où à la sortie, je ne me souviens plus, j'ai constaté que j'avais muté.  
Lorsqu'il a essayé de s'approprier mon corps, comme naguère, j'ai eu peur. Il me paraissait très-très inconnu, impossible à comprendre. Étranger ! Je ne pouvais pas le laisser me pénétrer et me féconder, me faire un enfant. S'il voulait faire, lui, un enfant, me suis-je dit, il n'avait qu'à. Mais pas à moi. Je n'avais rien en commun avec lui. Je me trouvais à l'extérieur. Lui aussi. Entre nous, il y avait une Éternité Glaciale. Et pas d'enfant. Et même si. Même s'il en résultait un enfant, ils finiront inéluctablement leur vie à l'extérieur de moi. Étrangers, géniteurs et héritiers, ils finiront leur vie, ils mourront là-bas, à l'extérieur. Non ! Je ne veux pas de cet impossible état fusionnel qui mélange mâle et enfant, dont j'ai tellement besoin – pour autant.
     Alors, adoptons la marche et le compte à rebours. Adoptons le concept de tædium vitae2.
     - Un des maux aristocratiques les plus exquis qu'il soit.
     - Il précède inexorablement le suicide.
     - D'où mon séjour à Sainte Anne.
     Il n'y a pas de suicide plus noble pour un être féminin maximal que celui inversé, quand la jeune femme est grosse de sa propre mère.
     - Tout court.
 
En vente chez moi ou sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/    
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