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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 08:27
 
 
 
                                  Monte-Cristo
 
 
     Je retourne sur une des îles de ma mémoire. Je suis jeune. Je n'ai que douze ans. Je suis la fille de mon père. (Et, accessoirement, de ma mère.)
     Je suis interdite du Comte de Monte-Cristo. Je n'ai pas le droit de lire ce roman – à cause du sentiment de vengeance. Mon père n'est pas d'accord que mon adolescence soit « polluée » par de tels sentiments. L'induction de la vengeance, par la littérature l’horrifie.
     Donc, niet ! Le Comte de Monte-Cristo ne sera pas lu par sa fille. Et tant pis pour la perte spirituelle de ma génération !
Bien entendu, je lu le livre en cachet. Presque tout de suite après l'injonction paternelle. Je le caché à l'école, dans mon casier, et je l'ai lu pendant les recrées et lors des heures d'études ou de colles.
     Il ne m'a pas plu. D'ailleurs, je ne comprenais pas tout. Les trucs financiers de l'époque, le Procureur du Roi, l'impossible évasion de Dantès, héritier de l'abbé Faria, l'impossible transformation de Dantès en de Monte-Cristo et toute ce charabia, n'avait plus rien à faire avec notre vie pleine de Iphones, tablettes et leurs précurseurs.
     Et de surcroît, le sentiment de vengeance nourri par Monte-Cristo, me paraissait et me paraît toujours, une sorte d'extravagance historique. Ça n'existe pas une telle vengeance. Non seulement qu'elle est impossible en réalité, mais elle est inutile.
      Mon vieux, donc, était vraiment vieux, du moment où il pouvait croire que son enfant pourrait encore vivre une vengeance malfaisante à la Monte-Cristo. Il était vieux aussi parce qu'il s'imaginait qu'une interdiction de type autodafé pourrait être respectée. Toujours vieux quant aux résultats positifs escomptés. Vieux toujours, en s'imaginant que je comprendrai le bien contenu dans le mal de sa décision.
Finalement, je m'en fiche. J'ai lu le livre en cachet. Pas plu. Ni plus tard, quand je le repris, pour essayer de mieux comprendre l'esprit paternel. Il me tombait des mains, le livre.
     Oust !
     Ce qui m'est venu par contre dans l'esprit, c'était une interrogation concernant le patriarche.
     Notamment : qu'est-ce qu’il a fait, lui, ou qu'est-ce qu'on lui avait été fait pour qu'il prenne une telle mesure radicale, vécue par moi comme une mesure méchante, lorsqu'elle n'était que ridicule ? 
 
En vente sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/   

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