Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
  • Contact

Profil

  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

Texte Libre

Rechercher

4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 06:36
 
 
                        Elle est née les jambes croisées
 
     Il ne veut pas descendre. Il me tient sous lui. Il est toujours en érection, même s'il s'est entièrement vidé en moi. Je le serre, avec mes muscles vaginaux. J'aime bien le pomper ainsi, dans ma cavité naturelle. Elle est faite pour ça.
Les spermatozoïdes s'élancent vers mon utérus. Ils sont affolés. Désespérés. Ils nagent par milliers. Par millions. Par milliards.
     Je ne sais pas comment il fait pour pouvoir expulser en quelques secondes des milliards de têtards qui partent à l'assaut. Comment il fait pour avoir ces milliards. Pour les fabriquer en quelques dizaines de minutes après sa vidange.
Il est toujours sur moi. Il me protège. Il pèse presque cent kilos. Il est grand. Il est beau. Il est puissant. Sa bite ne veut pas se ramollir. Il bouge lentement, dans des va-et-vient mirifiques.
     La course des milliards de spermatozoïdes continue. Il y a presque la bagarre.
     Je sens descendre mes ovocytes. C'est très rapide. Même trop, j'ai peur. Ils n'ont plus de patience, les ovocytes. Ils veulent devenir des ovules.
     Les milliards sont laissés très en arrière. Seulement quelques dizaines arrivent à la frontière de mon utérus. C'est suffisant. Ils frappent dans la membrane de mon ovule. Ma membrane.
     Je sens l'unité qui me féconde. Le spermatozoïde me pénètre. Je l'avale. Je le broie. Je me l’approprie. Je le fais mien. Je le tue.
     Lui, de son côté fait irruption dans mon ovule, dans mon être intérieur. Il l'empoisonne et le tue.
     De tout ça, quelque chose de nouveau surgit du rien.
C'est notre résurrection, à lui et à moi. Avec sa tendre érection, il s'irrite encore dans mon vagin, lui. Moi, dans une tendre embrassade vaginale, je le pompe, le suce encore.
Et me voilà prête à commencer le travail qui m'incombe dorénavant. Je sens déjà sa petite âme palpitante. Son âme d'Effet. Comme je sens l'âme bourdonnante de l'autre. Son âme de Cause. Mais combien ? Combien de leurs âmes ? Combien de mon ressentir ? Combien de-leurs-âmes-mon-ressentir ?
     Le téléphone sonne. C'est Lucie. La pauvre ! Elle est née les jambes croisées. Son vagin reçoit rarement. Rarement autre chose que son doigt, disons. Elle n'est pas moche. Mais elle n'est pas trop baisable. Pâle et fanée, elle transpire froidement. Elle a des yeux gris et des petits seins. Le cou est long et tendineux vers osseux. Les doigts sont crochus, prématurément atteints d'une arthrose évolutive. L'absence de hanches et de fesses complète le portrait.
Les mecs n'y mettront jamais quelques chose en elle ; même pas leur parapluie. Même pas.
     Je vais lui raconter ma fécondation. Mon enfant. Ma maternité – déjà. Oui, déjà, ma maternité. Ça va lui faire mal. Beaucoup de mal. Et ça va me faire plaisir à moi. Beaucoup de plaisir.
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0

commentaires