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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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9 août 2018 4 09 /08 /août /2018 10:32
Parents et enfants
 
 
                                                                      Avant tout
 
 
Tout est convention. Notre capacité à inventer des conventions, une fois désignée, devient à son tour une convention inventée. Ce ne sont pas des concepts que nous découvrons-inventons-manipulons-échangeons, mais des conventions conceptualisées et conventionnées et conceptualisées et conventionnées et conceptualisées et conventionnées et j'en passe et des meilleurs.
 
Face à cette situation « inextricable » je m'incline, je prends mon caddie et je vais au marché.
Nous habitons rue des Eaux. Rue où se trouve le Musée du Vin. (Ce n'est pas une blague. Tout le monde peut constater la véracité de la chose à la station du métro aérien et très parisien de Passy, en descendant l'escalier pour faire ensuite droite-droite. In vino veritas.)
Le dimanche je prends ce métro aérien jusqu'à la Motte-Picquet. Sous la ligne, sur une distance de deux cents mètres, s’étale le marché. Un marché comme tous les autres. J'aime m'y rendre le dimanche. Le dimanche matin, on n'a pas grand-chose à faire. En règle générale. Le marché donne (enfin, ce marché me donne) l'impression de contact avec la vie réelle. Autre que celle du bureau avec toujours les mêmes aléas de la vie d'un salarié. On y trouve de vrais vendeurs. De vrais acheteurs. Les vendeurs vendent. Les acheteurs achètent. Il y a une humanité consensuelle. L'humanité est consensuelle. D'abord conventionnelle, puis consensuelle car conventionnelle. Enfin, j'aime croire ça. Y a pas de raison qu'il n'en soit pas ainsi, d'ailleurs.
 
Je m'arrête devant ma fromagère. Je goûte trois sortes de fromage. J'arrête. Trois c'est déjà beaucoup. Les papilles ne réagissent plus. Mais, qu'importe ! Je prends du Vieux Salers, la croûte épaisse, friable et parfumée. De l'Appenzeller, pour voyager un peu en Suisse. Du Burrata des Pouilles, pour l'Italie. De l'Erba Barona, pour la Corse. Du Bouton de Culotte sec – le plus petit fromage français que me dit la fromagère – qui nous arrive de Bourgogne (Mâcon et le Haut-Beaujolais). Du beurre aux cristaux de sel de Guérande. (Et basta. Vous parliez de trois sortes.) Des tomates, ensuite. Des poivrons longs et verts de Maroc. Quatre pommes. Quatre poires. Une livre de raisins sans pépins. Un bouquet de dahlias pompon rouges. Un pain aux noix. Un demi-poulet rôti avec ses pommes de terre rissolées et sa sauce, dans leur sac de papier imperméable.
 
Je me sens bien.
 
Dans la voiture du métro, entre les stations Bir-Hakeim et Passy, sur le pont à étage qui enjambe la Seine, ré-concepts et ré-conventions.
 
Céline et Jünger. Ferdinand et Ernst de leurs prénoms. – Il faut leur donner des noms et des prénoms pour une raison plus que simple. D'ici dix mille ans, quand l'humanité débordera de génies consommés, broyés dans la panse de l'histoire, on aura du mal à les retrouver si, par malheur, bonheur ou hasard (c'est pareil !), on aura besoin d'eux. Notamment en tant que témoins d'une certaine physiologie de la Grande Guerre. En tant que concepts. (Byeeee les conventions, donc Byeeeee.)
 
À la maison, Charlotte, à moitié habillée (ou déshabillée, selon), en larmes. Larmes de bonheur. Frédéric vient d'appeler de l'hôpital. Notre fille a accouché. Un garçon de trois kilos deux cents. Lui, il est père, elle mère, nous grands-parents. Pour la deuxième fois. Tout va bien.
 
Il faut qu'on y aille.
 
Charlotte est un être presque massif. Bien soignée, elle a de ces seins qui ne laissent personne indifférent. Ses fesses non plus. Plus un peu de ventre. Plus sexy, tu meurs.
Elle veut que je la baise. Avant de partir pour l'hôpital.
 
Je me laisse baiser par elle. De tout mon être. Avant toute convention. Avant tout consensus. Avant tout.
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/

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