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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 07:47
 
 
 
 
                                                 Deux morales
 
 
Le tournoi battait son plein. Les hôtes avaient ouvert les grandes portes des trois salons pour n'en faire qu'un seul. Les squelettes enveloppés de chairs enveloppées à leur tour de fringues plus ou moins ternes ou ridicules – au choix –, comme de coutume en province, avaient pris place autours de tables prêtées, comme les étuis des cartes, par le Club d'Austerlitz.
 
Perrine Terrade, fille de notaire, mariée, trois enfants, avec trois ans d'études de droit mais préférant se présenter comme « exploitante agricole » mit sur la table un trois de cœur. À cette occasion, ses bracelets mélangés, de pacotille, de pierres/cristaux en plastique, mais aussi d'or jaune et gris cliquetèrent ni trop fort ni trop peu. Exactement comme il fallait.
 
- Elle est branchée, la Perrine.
 
Les gens de goût aujourd'hui portent des choses très chères, mélangées à d'autres, très bon marché, comme signe de noblesse démocratique.
 
- Aujourd'hui.
 
Certes. Dans le passé, on ne pouvait pas imaginer un tel blasphème. Mais aujourd'hui, tout a changé. Et il faut s'y habituer.
 
- S'y mettre.
 
Voilà. Même si ce n'est pas le sujet.
 
Enfin. En attendant la suite des enchères, Perrine regardait les murs gris. Ils avaient besoin d'un bon coup de peinture. Les lumières n'étaient pas trop fortes. Disons même, qu'elles étaient un peu mesquines...
 
- Comment vous appelez ? dit Monsieur Grau, l'adversaire de droite, en s'adressant à la partenaire de Perrine.
 
Perrine regarda son amie, une vieille dame, toute de brun et jaune habillée, très provincialement snobe, en attendant que celle-ci réponde « pair-impair ». C'était du moins ce qu'elles avaient convenu pour ce soir. Mais Grâce, perdue dans ses pensées, ne répondait pas.
 
- Alors, vous appelez comment? insista Monsieur Grau.
 
Quand il parlait, sa mâchoire faisait un mouvement latéral, comme une raboteuse ; ses paroles étaient souvent rabotées...
 
Pas de réponse.
 
- Pardon, Madame, mais vous vous appelez comment ? rabota de nouveau la mâchoire de Monsieur Grau.
 
- Mais enfin ! Je m'appelle Madame Grâce Gingout, enfin ! Vous devriez me connaître !
 
La première morale de cette petite histoire est que lorsqu’on a une mâchoire raboteuse, il vaut mieux ne pas jouer au bridge. En tout cas, pas contre Grâce Gingout, la partenaire provincialement très snobe de Perrine Terrade.
 
La deuxième : l'auteur de ces lignes n'en a rien à foutre.
 
- Ou presque.
 
Ou.
 
En vente sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
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