Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
  • Contact

Profil

  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

Texte Libre

Rechercher

30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 07:32
Bagatelles
cueillies et inventées dans un Club de Bridge limousin par un Roumain d'origine divine
 
 
Golf, cambriolage, Mesdames Bovary, chat
 
 
Tout retraité bridgeur en bonne santé qui se respecte joue aussi au golf. Ce n'était pourtant mon cas hier encore.
 
- Trop de mains gauches !
 
Oui, trop. J'ai essayé deux ou trois fois, mais les balles partaient où elles voulaient – si elles le voulaient bien ; sinon, c'était le gazon qui partait.
 
Bon. Mais, étant donné qu'aujourd'hui je suis à la retraite, que je suis encore en bonne santé et que j'ai pris trop de kilos (chose contredite par le seul pèse-personne convenable que je connaisse, celui utilisé par ma belle-sœur, engin capable de deviner mes désirs et d'afficher le chiffre, mon chiffre « poidique » parfait), je me suis dit que le golf pourrait subvenir à mon besoin de mouvement et d'amaigrissement. À cela on va ajouter sans tarder l'amitié (possible) amoureuse (impossible) qui s'est développée entre Leïla et moi.
 
- À notre insu.
 
À.
 
- La sauterai-je un jour ?
 
- J'sais pas.
 
Mais, jusque là, j'accepte sa proposition. Elle me mettra en contact avec Nina, une copine qui, ayant été quittée par son mari (parti avec sa meilleure copine) et par sa meilleure copine (partie avec le mari en question), « essaye de se reconstruire ». Dans ce sens, la Nina va prendre des cours de golf, de bridge et plus si affinités. On peut partager les frais des premières leçons. Et on ne sera pas tout seuls sur le gazon...
 
- Pardon, sur le green !
 
Elle veut que je reconstruise la vie de sa copine, ma Leïla. Elle ne le dit pas, mais c'est évident. Ainsi et à la fois, elle se débarrasse de cette amitié (accomplie) amoureuse (inaccomplie) qui l'attache à moi et qui lui donne un sentiment pervers d'insatisfaction coupable.
 
(- Je me trouve en forme aujourd'hui.)
 
Bref, nous voilà descendant de l'ascenseur et sonnant à la porte de ladite Nina. À l'intérieur se trouvent trois sexagénaires, dont une ladite Nina, une Bibi et une autre Corinne.
 
- Chouette, non ?
 
...La soirée promettait de s'écouler dans l'abîme de l'oubli. « Les filles » parlaient toutes en même temps, mais arrivaient à se comprendre toutes ensemble et séparément à merveille.
Je ne sais pas comment elles font les femmes pour arriver à une telle performance.
 
- L'éternel féminin, quoi, on dirait.
 
Quoi. On.
 
La soirée, disais-je donc, se serait écoulée/perdue dans l'oubli, s'il n'y avait pas eu un moment un peu plus intéressant.
La conversation prend la direction des cambriolages perpétrés surtout contre des appartements ou des maisons habités par des femmes seules.
 
- Ce qui en l'occurrence est le cas de mes convives.
Eh ben, toutes, sans exception, ont une théorie concernant la cache de leurs bijoux. Que ce soit dans les poches de chemises pliées et rangées dans les placards, dans le robot alimentaire, dans la terre des pots de fleurs, dans le lustre... Ou que sais-je encore.
 
Je m'instruis donc en écoutant les Mesdames Bovary de Limoges parlant bijoux, cachettes de bijoux, quand le chat ramassé par Nina à la SPA (pour animer un peu l'habitation après la défection de son mari) vient s'asseoir sur mes genoux. Il ronronne. Je sais qu'il prend ainsi possession de l'intrus qu'il voit pour la première fois. Mais je feins ne rien savoir. Et je suis récompensé.
 
- La chose ne passe pas inaperçue.
 
« Les filles » me font remarquer que le chat m'aime.
 
- J'ai une belle/bonne âme.
 
On me jette des regards langoureux.
 
- Et tout cela à cause du bridge, où j'ai connu Leïla ; à cause de l'amitié amoureuse qui me faisait bander en pensant à Leïla ; ou en la touchant ; à cause des quelques kilos en plus dont je pensais me débarrasser par le golf ; à cause du départ de l'ex de Nina avec sa meilleure copine ; à cause d'un chat de gouttière qui considérait opportun de prendre possession de moi – comme « les filles » en question, d'ailleurs...
 
Et tout !
 
- Étrange, non ?
 
Si. Ou non.
 
En vente sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/

Partager cet article

Repost0

commentaires