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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
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20 septembre 2018 4 20 /09 /septembre /2018 07:47

 

Une Anglaise aux truffes

 

Il est connu, voire très connu que le Périgord est envahi à présent par des Anglais. On les appelle même « des Grands-Bretons ».

- Enfin, pour rigoler.

Mais il arrive que ces Grand-Bretons, immigrés dans notre pays grâce à l'Europe qui n'a pratiquement plus de frontières intérieures – pardon pour ce barbarisme très utilisé aujourd'hui, comme « très supérieur », ou « décimer » (au lieu d'exterminer), ou « assez exceptionnel »... –, nous énervent nous autres, « les natifs », « les locaux » ou, pour les esprits plus acérés, « les aborigènes ».

C'est ce qui s'est passé hier.

Hier, le tournoi tournait tranquillement, même soporifiquement. Lazare jouait en face de Jeannine, comme souvent, et John, en face de sa rondelette de femme, Spoutnik, une Anglaise plus que brune, aux yeux plus que noirs, d'origine indienne.

À cette occasion, nous avons eu droit à un échantillon d'humour anglais. John a raconté que les anglais installés en France rencontrent « un set » spécifique de problèmes. Notamment, ils achètent des maisons délabrées, voire des granges non aménagées, et, petit à petit, ils les rendent habitables. L'heure de la retraite arrivée, ils bénéficient d'un logement acceptable, dans un pays européen renommé pour sa douceur de vivre. En plus, les Français supportent avec un certain stoïcisme frisant parfois l'élégance, le fait que ces Grands-Bretons aient du mal à se mettre au français... Bref, tout baigne.

- Seulement que, voilà, à l'heure de la retraite, les hommes britanniques deviennent fous.

Ils quittent leurs femmes et rentrent en Angleterre. Ou bien ils partent pour les Dominions ou Colonies qui, grâce à Dieu, existent toujours. Ils laissent les femmes seules, dans un pays dont elles parlent à peine la langue. Elles doivent se débrouiller avec les crédits engagés lors de l'acquisition de la maison, etc..

Spoutnik, l'Anglaise d'origine indienne, en pouffant asiatiquement de rire, dit que la solution réside dans la truffe. Le Périgord est renommé pour ses truffes. Il y a certains, même, qui essaient de mettre sur pieds des truffières. Alors, elles, les Anglaises abandonnées, n'ont qu'a se mettre au travail : chercher des truffes. Comme les chiens ou les cochons, ajoute elle avec un sourire encore plus subtil que le rire de tout à l'heure.

Oui, dit Jeannine, mais gare au voisinage. Les propriétaires de terrains – truffières artisanales ou industrielles – ont la gâchette facile. Ils tirent sur tout ce qui bouge.

- Ce serait l'Esprit de la Truffe.

De la terre. Du terroir. Du pays. Voire de l'univers.

- En tout cas, ça règle encore mieux le problème, dit Spoutnik.

Le rire des convives fut un peu jaune.

Il se peut que la présence des Anglais – voire de l'Anglais (indianoïde ou pas) ? – dans le Périgord soit un problème.

C'est mon avis.

 

En vente sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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