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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 07:48
 
 
 
 
                                                     Décidément insondable
 
Ils sont petits et trapus. Il travaillent depuis des années pour créer un jardin japonnais autour de leur maison de Rilhac Rancon. Ils sont fous d'Händel. Ils travaillent avec les écouteurs sur les oreilles.
 
- Du Händel, du Händel et rien d'autre !
 
Rien.
 
Ils jouent au bridge d'une manière, comment dire, tout aussi exotique que l'image qu'ils se font de et sur leur jardin en pleine construction.
 
Il faut dire qu'ils ont fait venir des hyper-camions transportant des rocs arrondis pesant vingt tonnes l'un. Ils ont fait appel à un sourcier qui leur a indiqué l'existence d'une nappe importante d'eau dans le sol de leur jardin.
 
- À cinquante mètres sous la terre.
 
Ils ont creusé trois petits étangs reliés par deux cascades et deux ponts courbés, à la japonaise. Ils ont construit deux petits pavillons aux toits courbés – à la japonaise... Plus une végétation « adéquate »...
 
- Ça a de la gueule, c'est vrai.
 
Ils ont une théorie de l'espace. Ils considèrent que l'homme sans espace non seulement ne vaut rien, mais n'est rien.
 
- Sans son espace.
 
Sans.
 
L'homme ne peut pas vivre à l'extérieur de l'espace.
 
- Ça n'existe pas.
 
Cela étant, ils jouent au bridge dans un certain espace physique, matériel qui leur convient très bien. À savoir, des parallélépipèdes neutres, sans personnalité.
 
- C'est pour cela qu'il aiment jouer à Maupassant ou à Austerlitz.
 
Ce sont des parallélépipèdes sans aucune personnalité, ornés bénévolement par des peintres amateurs, avec des peintures potables (à Maupassant), irregardables (à Austerlitz), qui ne troublent pas les intéressés.
 
Ils ne veulent pas être influencés par la beauté de l'endroit.
 
- Comme à Royan ou à Saintes, par exemple.
 
Par.
 
La beauté est normative et immatérielle. Voire insaisissable.
 
- Insaisissable.
 
La beauté du jeu, pareil.
 
- La beauté de l'environnement ne peut que faire entrave à la beauté du jeu.
 
Il faut se concentrer sur les enchères et sur le jeu, et ne pas se laisser troubler par l'environnement.
 
Ils jouent toujours séparément. Pour ne pas se troubler réciproquement.
 
- Ils vivent dans une fusion parfaite, sinon.
 
Sinon !
 
Ils s'aiment non pas à la folie, mais à la totalité, si je puis me permettre.
 
Ils ne veulent pas abîmer leur amour par des disputes de jeu.
 
- Lorsqu'on à des cartes de jeu dans la main, on perd toute humanité et on devient un fauve.
 
Ce sont quatre heures d'impersonnel et d'oubli. Le monde se concentre dans les cinquante-deux cartes et rien d'autre. On quitte la vie, complexe et de plus en plus fatigante. Mais on ne meurt pas. On ne regarde pas/plus vers la « lumière blanche » du bout du tunnel.
 
- L'idéal serait de jouer dans le froid glacial, noir, mortifère – sidéral !
 
Alors, le jardin japonnais ?
 
- Décidément, l'humain est insondable.
 
 
En vente sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/

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