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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 14:08
Bagatelles
cueillies et inventées dans un Club de Bridge limousin par un Roumain d'origine divine
 
 
Les empaillés
 
Les cœlacanthes sont représentés aujourd'hui par deux espèces vivantes. On a cru longtemps qu'il s'agissait d'un groupe de spécimens fossiles largement représentés dans les alluvions du Dévonien au Crétacé.
 
- Avec une apparente extinction à la fin de l'ère secondaire.
Est-ce que le nom de Louis Agassiz me dit quelque chose ? Non ?
 
- Eh ben, il a été prof à l'Université de Neuchâtel, dans la première partie du dix-neuvième.
 
La découverte des premiers fossiles fut son œuvre : cinq volumes de « Recherches sur les poissons fossiles »
Les cœlacanthérés firent alors leur apparition dans la culture.
- Ce sont des poissons à nageoires charnues.
 
Leurs nageoires pectorales et anale se rattachent au corps par des appendices carnés raidis par un os. Leur queue ou nageoire caudale diphcerque est divisée en trois lobes, le lobe central étant un prolongement du notochorde. Les cœlacanthes ont subi une modification de leurs écailles cosmoïdes qui sont plus fines que chez les autres poissons. Les cœlacanthes jouissent également d'un organe électro-récepteur à l'avant du crâne. Cet organe, appelé « rostre » joue sans doute un rôle dans la détection de leurs proies. Il pourrait aussi intervenir dans l'équilibre de l'animal, l'écholocation expliquant sa locomotion...
 
Ensuite, Lucie se tait. Cette rousse, Juive d'Odessa, a sans doute été une beauté dans sa jeunesse. Sa tête décharnée, uniquement la peau sur les os, témoigne d'une certaine élégance ontologique, transcendant l'âge, le sexe, la race. Elle me regarde avec ses yeux humides et étincelants.
Nous attendons l'arrivée de la nouvelle paire d'adversaires.
Lucie a été, il y a vingt ans, chercheur au CNRS. Pareil pour son compagnon. Elle s'était spécialisée en cœlacanthérés, lui en Rameau. Ils avaient dédié leurs vies à leurs sujets respectifs. À la retraite, ils se sont repliés sur le Limousin. Ils habitent aujourd'hui une belle maison, à la campagne. L'air y est pur. Le silence, total.
 
Lucie joue au bridge. Son mari, non. Leurs enfants viennent à tour de rôle, avec leurs propres enfants, pour voir les vieux et pour se faire voir par ceux-ci.
 
Ils sont, sinon heureux, du moins sereins.
 
J'ai le sentiment d'être regardé-crucifié par un cœlacanthe empaillé. Ou par Rameau – empaillé, lui aussi.
 
- Si c'est pas moi l'empaillé.
 
Si.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/

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