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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 08:28
 
 
                                                   Vive les phéromones libres
 
Nous sommes tombés d'accord, Magali et moi. Je dégage des phéromones puissantes. Les femmes essaiment autour de moi.
 
Un exemple. Cela vient de se passer hier, au Club de Saint Léonard le Noblat, abrégé Saint-Léo.
 
Une femme grande, un peu sèche, la soixantaine bien conservée, genre soixante-huitarde marginale. Une femme libérée. Une femme pâle. Une femme décidée pourtant (pourquoi pourtant ? parce que !) à vivre sa vie.
 
Elle est suivie par son époux de partenaire. Un mec qui ne fait pas partie de la vie qu'elle désirait. Enfin, je crois. C'est un homme un peu plus grand qu'elle, un possible ancien sportif. Il bouge avec une assurance rare pour les précadavres qui animent ce Club. Le visage congestionné, il a l'air d'un fermier anglais aimant les vins français.
 
La femme s'assoit. Elle remarque remarquablement vite mon accent remarquable.
 
- Vous êtes de quelle origine ? sourit-elle.
 
Je la dévisage et je réponds :
 
- D'origine divine.
 
Et j'ajoute tout de suite (en souriant, s'il vous plaît) :
 
- Comme vous.
 
La femme relève le défi. Elle sourit. Je la plains : le sourire ne lui va pas trop ; je veux dire qu'il ne fait pas bon ménage avec sa figure pâle. Elle dit :
 
- Parlez-nous un peu dans cette langue. J'aimerais tant la parler moi aussi !...
 
Le partenaire-mari de la femme fait la tête. Il n'aime pas « ces libertés ». Il se tait. Je me tais aussi. Pourquoi parlerais-je devant – pour – ce couple pâle-congestionné ?
 
Je suis placé en Sud. La femme, en Est.
 
Nous regardons nos cartes. Le donneur c'est moi. Je commence les enchères. Un trèfle. Le mari, un carreau. Magali, ma partenaire, deux trèfles. La femme, silence. Un silence qui se prolonge.
 
- Vous ne voulez vraiment pas me dire deux mots dans votre langue céleste ? dit-elle sur le tard, sans me regarder.
 
- Ma partenaire est sous votre charme, dit le mari.
 
De la jalousie grande comme un ziggourat.
 
La femme sourit. Ça ne lui va pas bien. Je souris. Ça me va bien. Je le pense, en tout cas.
 
Elle monte les enchères à deux cœurs. Je passe. Le partenaire-mari réfléchit. Réfléchit. Réfléchit. Et encore. Et encore.
 
- Votre partenaire est sous le charme, dis-je à la femme.
 
Elle ricane.
 
- Oui, s'énerve congestionement le fermier anglais aimant les vins français. Oui, mais pas sous le votre, mais sous celui de votre partenaire.
 
Je l'ai blessé. Ou, du moins, je l'ai énervé.
 
Nous continuons à enchérir jusqu'au moment ou le mari-fermier se perche à cinq cœurs.
 
Je contre.
 
Belliqueux, sans hésitation aucune, il surcontre.
 
Il se bat pour – et en même temps, contre – sa femelle et contre moi, qui, quant à moi, dégage toutes les phéromones appropriées pour conquérir sa femme et pour l'apoplexier lui même.
 
Une fois le jeu commencé, il s'avère d'une manière irréfutable que le contrat n'est pas faisable. Il y aura deux de chute.
Je décide de faire la bêtise nécessaire, pour que le fermier anglais au vin français gagne et pour qu'il continue à dominer/posséder sa femelle sans la brimer pour autant.
Cette dernière, pas du tout dupe, me regarde, déçue, avec honte pour son mari, pour elle même, en tant que femme de ce mari.
 
En tout cas, elle est toujours pâle.
 
Mais – problème !
 
Sur-énervé, le fermier anglais aimant le vin français fait une contre-connerie, qui ne lui donne plus aucune chance. Même si je fais le plus parfait contre-jeu, le contrat est complétement compromis. Contré et surcontré, le mari chute deux fois.
 
- Et je sens, avec effroi, le regard admiratif/vaincu de la femme cherchant le mien.
 
(- Vive les phéromones libres !)
 
En vente sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/

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