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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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26 octobre 2018 5 26 /10 /octobre /2018 09:08

 

 

Œuf de fou

- pseudo-satyricon -

(suite 4)

 

«  Quelle est la différence

entre nous et une maison de fous ?

Ils ont une direction lucide, eux ! »

Blague audiovisuelle.

 

« La folie de l’homme raisonnable

est anatomisée à fond par

le clin d’œil du fou. »

Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57

 

 

La porte s’ouvrit et le chef des Reportages fit son apparition dans le bureau. Il venait informer son directeur, Stroë, du fait qu’un des journalistes de son Service ne voulait plus partir en mission.

- Il dit qu’on y meurt trop aujourd’hui. En mission, c'est à dire. Trop de morts. Il dit que tout le monde partage son opinion : partir en mission dans le monde, aujourd’hui, c’est suicidaire. Dans le meilleur des cas, c’est une visite rendue à l’intérieur de son futur cercueil. Il fait chier, quoi ! Il nous agite aussi sa Carte de Journaliste et ses syndicats. Chier ! C’est clair ! Chier grave !

- Non, mais ! tonna Stroë. Pour qui il se prend celui-là ? Tu vas lui dire qu’il a le choix : ou bien il avale ses pilules de kamikaze et il fait en sorte qu’on ne voit plus ses os ici, à Paris, mais qu’on l’entende illico presto bêler ses correspondances à l’antenne, ou bien il prend rendez-vous chez son banquier pour voir comment il va nourrir ses enfants une fois mis à pied et limogé ! Tu lui diras en plus, amicalement, que je t’ai dit confidentiellement qu’un con pareil, je n’en ai pas vu depuis très longtemps, Carte ou pas Carte, syndicats ou pas syndicats ! Compris ? ! À part ça, tu veux boire quelque chose ? J’ai une tequila mortelle !

Après s’être exécuté et avoir absorbé un demi-verre, le chef des Reportages quitta le bureau de Stroë, l’estomac ulcéré, la tête basse et la queue entre les jambes. Il savait bien que le Service tout entier allait le culpabiliser. C’était lui qui allait porter le chapeau, personne d’autre. En tout cas, pas Stroë, qui faisait peur à tous avec son inconnu1.

- Que c’est con ! dit Stroë à voix basse, quand la porte se fut refermée derrière le malheureux chef du rebelle.

En remplissant de nouveau les verres :

- Con ! Il n’y a pas d’autre mot ! Je parle de tout et de tous. Tout est con. Tout ! Ils sont des cons à manger du foin. Tous ! Mais c’est pas assez.

Après avoir donné son verre à son hôte, en levant le sien :

- À nos couilles !

 

Avertissement

Toute ressemblance

avec ce qui s'est passé,

qui se passe

ou

qui va se passer

à RFI

a été, est ou sera

fortuite.

 

Pareil pour toute différence.

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

1 C’est connu et reconnu : les journalistes maîtrisent le connu, exclusivement. On dit parfois qu’ils sont les maîtres du connu. L’inconnu ? Trop compliqué ! Il leur fait peur, il leur donne la nausée ! Au mieux, il les ennuie ! D’autant plus, lorsqu’il s’agit d’un chef et de son inconnu.

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