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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 08:42
 
 
Inutile, oui
 
Les filous disent :
 
- Ne pas regarder son jeu immédiatement mais profiter des premières secondes, où les adversaires, eux, regardent leurs jeux, pour essayer de faire la même chose qu'eux : regarder leurs jeux.
 
Une fois regardés, les jeux des autres se vident de leurs attributs mystérieux, voire mystiques, pour laisser la place aux plaisirs inexplicables de la victoire.
 
- Obtenue par n'importe quel moyen, fut-il la tricherie, la ruse, la non-sportivité, la malhonnêteté, etc..
 
Fut-il – soit-il !
 
Ciprian Viktor, marié (à Karla), un chien, quatre enfants, trois petits enfants, ancien notaire, un cancer de la prostate bien opéré et un AVC qui lui a enlevé la sensibilité de la main gauche, l'intelligence ironique, le sourire facile et le rire rare, passionné de tous les jeux qu'il pratique avec sa bande de copains brillants et joyeux (tarot, barbu, belote...), amateur de chasse, pêche, champignons et... femmes.
 
Ciprian Viktor, n'aime pas « travailler » le bridge, n'aime pas les problèmes de bridge en dehors de la table, n'aime pas jouer en mixte (les femmes sont pour d'autres choses). Il aime partager les bons moments avec ses copains avant et après le bridge et, dans ce contexte, il « agrée » les anecdotes, surtout celles grivoises, celles liées aux tricheries, ainsi que les mixtes.
 
- Mais aussi les autres.
 
Mais.
 
Grand tournoi de Bordeaux. Ciprian et son partenaire arrivent à la table de Chemla et Stoppa (champions du monde). Plein de kibbitz. À cette époque, 3 NT et 4 majeure avaient la même valeur en France, mais pas en Europe. Le partenaire de Ciprian décide de jouer 3 NT alors qu'ils étaient fités à pique. Il fait 3 NT – égal ; tout le monde avait chuté 4 piques. Chemla lui dit alors : « Monsieur, vous devez sûrement jouer en marque internationale ». La plupart des kibbitz les ont suivi ensuite sur les positions suivantes, pensant que le partenaire de Ciprian était un champion international. – Ciprian éprouva de la fierté et de la jalousie.
 
- Quant à moi, je n'ai jamais réussi à savoir le nom du partenaire de Ciprian.
 
S'il existe, ce partenaire. Si l'anecdote précitée n'est pas une modalité utilisée par Ciprian pour raconter sa rencontre avec Chemla et Stoppa.
 
Si.
 
Ensuite.
 
Ciprian avec Jean-Emmanuel, son partenaire préféré, vont faire le grand tournoi de Toulouse, avec le classement visible toutes les deux donnes.
 
Arrive une paire de « papys » qui exposent sur la table leurs feuilles de résultats des donnes précédentes. Ciprian (fidèle à la thèse affichée tout au début de la présente) jette un œil sur les feuilles et voit qu'à la donne 9, qui va arriver bientôt sur leur table, la ligne N-S, c'est à dire la leur, a réalisé un contrat de 4 cœurs + 3. Sur les feuilles de la paire suivante de « papys », la même chose : dans la donne 9, la ligne N-S réalise le contrat de 4 cœurs +3.
 
- Ciprian en parle à Jean-Emmanuel.
 
La donne arrive, trente minutes plus tard. Ciprian fait l'appel aux As. Il n'écoute même pas la réponse de son partenaire et lance l'appel aux Rois. Il leur manque trois Rois, mais Ciprian n'écoute toujours pas la réponse de Jean-Emmanuel et annonce le contrat : 7 cœurs. Ensuite, il essaie de jouer comme ses prédécesseurs – c'est à dire mal, très mal, plus que mal – pour faire ce qui n'était pas faisable (mais qui avait été fait deux fois de suite), pour arriver à 13 levées... Il chute deux fois.
 
- Parfois jouer bien ou mal au bridge ne sert pas à grand chose.
 
Voire, à rien.
 
- Ensuite, il se demande si ce n'était pas une kabbale contre eux, si les feuilles étalées par les « papys » n'étaient qu'un piège...
 
Va savoir !
 
Enfin, grand tournoi international de Juan les Pins. Deux salles de jeux (Casino et Palais des Congrès). Les Polonais vont souvent aux toilettes. Voire trop ! Sans doute pour échanger des informations.
 
Mais on n'a pas pu en apporter la preuve. – On n'a pas pu. – La preuve.
 
Sacrés Polaques !
 
Quant à moi, je ne sais pas pourquoi je raconte tout ça. Mais aussi pourquoi je serais tenu à garder tout ça « dans mon silence ».
 
- Dans ma mystique à moi.
 
Aussi inutile qu'elle soit. Aussi inutile que ce soit.
 
Inutile.
 
- Oui.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
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