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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 14:53
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 46)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
- Tu n’as pas de prénom, continua Gnito. Tu l’as perdu. Moi, je manque de nom ; je n’en ai jamais eu. Et dans ce monde, rien n’existe sans son propre nom. Chacun doit avoir un nom. Le porter comme on porte un enfant ! Rien n’existe au-delà, au-dehors de son nom. Je veux dire, dans ce monde-ci. Dans ce monde où Adam à donné des noms à tout ce qui existe, sous l’ordre de Dieu. Kharacho ? Ce qui se trouve ailleurs, dans un autre monde, est trop dangereux. Alors, pour y parvenir, pour conquérir, pour se forger un nom – et c’est ça que je veux en premier, m’affranchir de ma contre-nature matérielle et me forger un vrai nom ! –, pour y parvenir, donc, la meilleure voie n’est autre qu’une carrière dans les médias. T’as pas besoin de qualités hors du commun pour t’y frayer un chemin. Tu peux t’y faire un nom sans rien. Y a tant de journalistes, par exemple, qui n’attirent aucun regard, pour ne pas parler d’attention, qui baignent dans l’océan d’anonymes, qui augmentent la banalité, la trivialité, l’entropie – parce qu’ils ont droit à la signature ! C’est dans ce sens que tu deviens mon Salut. Plus que ça, même. Mon Sauveur. D’ailleurs, je te l’ai déjà indiqué. Clairement. Tu es à la recherche du Grand Larcin et du Mélodrame. Moi, je les dépose à tes pieds. Et je te suce. Ce n’est pas un sacrifice (je n’en suis pas capable) mais une offrande. Je suis prête à acquérir un nom. Ce n’est pas simple, quand on n’y est pas destiné – et je ne le suis pas –, mais c’est réconfortant.
 
- Oui, mais ça peut être un crime. Acquérir un nom quand on n’en a pas, c’est-à-dire, en prendre un. De quel droit ? Du seul droit du Crime. Voilà ! Je ne sais pas pourquoi je pense à ça, mais…
 
- Ça c’est l’influence de Dora, ta dernière d’avant le Grand Caprice, dit Gnito en clignant des yeux avec une charmante malice rancunière. Et j’en suis jalouse. Je te l’ai déjà dit. Elle se trouve quelque part, ici, Dora. Quelque part près de nous, dans le post-caprice. Nous sommes en plein post-caprice. Ce qui ne change rien, à vrai dire. Mais, enfin, histoire de se situer dans le temps, n’est-ce pas ? Elle est là, et elle est venue te récupérer.
 
- Tu as l’air d’être très sûre de ce que tu avances.
 
- Naturellement. C’est mon naturel. Et j’en ai d’ailleurs de bonnes, de très bonnes raisons. Mais, chuut, elles doivent rester encore dans le noir. Je parle de ces raisons. Il faut s’en inquiéter. En tout cas, toi, ne t’en fais pas, toi. Ça va venir. Absolument ! Jusque là, contente-toi de te dire que je suis comme l’Archange Gabriel qui apporte la Bonne Nouvelle. Au monde. À toi. Cela d’un côté. De l’autre, dis-toi qu’elle avait parfaitement raison, Dora, là-bas, dans l’avant-caprice. Le Crime Universel attend le moment propice pour attaquer. Les guerres mondiales se sont avérées insuffisantes, lilliputiennes, inappropriées. On n’atteint pas, avec de simples guerres mondiales, un but de cette taille. Certainement pas. Les guerres restent toujours subordonnées aux idéologies. Le père Tolstoï, avec son incompréhension foncière et irrémédiable de la réalité historique, se retournera-t-il dans sa tombe ? Il n’a qu’à ! La guerre est idéologique ou elle n’est pas. Or, l’idéologie, passée ou contemporaine, ne permet pas le développement d’un projet de l’envergure du Crime Universel. Pourtant, ce Crime existe, il plane et guette l’apparition de sa propre expression, il s’insinue lentement, par des voies dépourvues de sensibilité (tel le système lymphatique de l’homme, le système bancaire de la société, par exemple, ou l’Internet), dans le monde moderne où tout devient possible, s’il ne l’était pas encore…
Stroë sourit avec intelligence et indulgence.
 
La belle sous-créature de l’effrayante Barbara se montra mortellement sexy !
 
Une fois le dîner fini, Stroë demanda du regard qu’on lui fasse un petit câlin.
 
On s’exécuta.
 
Stroë se retira.
 
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/

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