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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 08:13
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 57)
« Quelle est la différence
 
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
- Voilà, mon cher Glande, dit la Directrice Générale, prenez place ici, dans ce fauteuil. Je vais vous exposer, d’une manière extrêmement succincte, ce qu’est d’avoir la paix dans l’âme et ce qu’est le journaliste-machin-psychologique.
 
(courte pause)
 
- Avoir la paix dans l’âme ? Quel beau désir ! Quel beau projet ! Quel bel avenir ! Et cætera. Y a pas plus beau ! Depuis toujours ou, enfin, depuis la découverte de l’âme, on tend vers ce but, vers cette limite.
 
La Naine-qui pue mit ses fesses sur le bord du bureau. Croisement de jambes. Croisement des bras sur la poitrine. Rien de spécial, sinon.
 
- C’est ça ! continua elle. La paix est une limite. Limitée, elle n’est qu’une limite. Psychologique. Une limite psychologique. Au-delà d’elle, il se trouve un autre monde, un autre univers. Mais quelle aventure que de changer de pays, de monde, d’univers ! Pour atteindre la paix, il faut l’esprit d’aventure, il faut être un aventurier ! Or cela n’est pas sérieux. C’est tragique !
 
Et à la Naine-qui-pue de suivre, accablée, ayant abordé un air triste :
 
- Quant au journaliste-machin-psychologique, vous n'êtes pas sans savoir qu'est-ce. L’homme même n’est, en général, qu’un machin psychologique. Il y a ceux qui disent : « machin, oui, mais sublime ; peut-être même divin ». Et alors ? Sublime et divin, soit !, mais toujours machin. Aucun marxiste – et qui n’est pas marxiste aujourd’hui ? – ne niera ces faits. Enfin, comme tous les machins, le psychologique nécessite des révisions et des réparations. Dans cet ordre d’idées, le journaliste, confronté aux vérités ô combien diverses et contradictoires, pratique un métier beaucoup plus dangereux que l’on ne pense habituellement. S’il ne préserve pas son intégrité psychologique, il empiète sur son métier même. C’est-à-dire, sur l’information. Il diffuse, alors, des informations empiétées. Aussi le public se voit contaminé d’une maladie ineffable et impitoyable : l’impiétation. C’est du subtile de chez subtile, plus pervers et menaçant que les simples erreurs et contrevérités. Beaucoup plus.
 
(pause)
 
Ensuite :
 
- En tout cas, pour revenir à nos moutons, votre femme et la compagne de Stroë seront prises en charge par nous, RFCVIPMU . Mais elles prendront un vol régulier pour la Nomadie. Un vol normal. Elles vous rejoindront un ou deux jours après votre arrivée en Nomadie. Ou plus. Qui sait ? On ne peut pas savoir ! On ne peut pas tout savoir. (Et, en passant, c’est quoi le savoir?) Cela est absolument nécessaire, car nous ne savons pas encore le moment exact de notre départ. Et, entre le départ et l’arrivée, il y a des liens inextricables.
 
La Naine-qui-pue paraissait très émue. Ses yeux puants luisaient. Son menton tremblait. La femme au ourlet décousu fit un effort :
 
- Vous en êtes conscient, je suppose. Enfin, la Nomadie n’est pas seulement spatiale mais aussi a-spatiale. Elle est non seulement temporelle, mais aussi a-temporelle. Voilà pourquoi nous ne sommes plus maîtres du moment de départ, ni de celui de l’arrivée. Nous ne sommes plus maîtres des moments, en général. Enfin, quelque chose du genre.
Rose Pinçon finit son exposé. Le temps s'arrêta. Quelque chose de très étrange mais aussi de très naturel intervint pour souligner le pouvoir de la nature des choses.
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/

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