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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 09:20
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 64)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Distorsion
(suite et fin)
 
Dans son lit, de l'autre côté de la cloisonne, un vieil édenté, les yeux à mi-fermés, luttait contre la mort. Ou contre la vie. Sa respiration – un râle – était rare. On ne savait pas si c’était à cause de la faiblesse du moribond ou à cause de la force pas trop grande encore avec laquelle la vie se faisait extraire du corps.
 
L’Univers se noircit. Et nous savons que nous nous trouvons maintenant dans les bronches pulmonaires du vieux. Tout est dans le noir. Mais nous savons bien qu’il ne pourrait pas être autrement dans un poumon. C’est de là – ou par là ! – que le son vrombissant arrive...
 
Bernard se leva intempestivement.
 
- Je me casse ! dit-il.
 
Il prit son caleçon jeté, avec les autres vêtements, par terre, et l’enfila avec des gestes fébriles, hâtifs.
 
- Moi aussi, dit le Péruvien en se levant à son tour et en commençant à s’habiller lui aussi. C’est pas mes oignons !
 
Le râle du mourant devint plus fort.
 
- Merde ! fit Pompejo en enfilant son pantalon. Il crève ! Qu’est-ce que j’fais ? J’appelle les pompiers ? Le SAMU ?
 
- Laisse tomber ! Moi, je me barre, fit l’autre habillé presque intégralement, en se dirigeant vers la porte.
 
Pompejo le suivit.
 
Et là, il faut dire que lorsque le vieux respire avec plus en plus de difficulté – dans ses poumons, la lumière létale devient de plus en plus forte –, les deux jeunes, Pompejo et Bernard, le Péruvien et le Blanc, pris de panique, descendent les escaliers quatre à quatre.
 
Arrivés dans la rue, les deux se séparèrent et fondirent, chacun de son côté, dans une autre direction, dans le vaste ventre de Paris qui, avec un petit bruit (espèce d’esquisse de hoquet), avec un petit gloup, les avala et commença à les digérer.
 
Les vaches folles, cette fois-ci, prennent totalement le dessus. Elles se révèlent permanentes, continues, infinies, éternelles.
Le vieux, dans sa cage, rendit mental et âme.
 
Le rire nain et maigre de la vache folle se fit entendre dans le noir total des poumons du mort (il y rencontra le nénuphar mortel décrit par un certain Boris Vian, membre de la bande de Saint-Germain, partiellement tombée dans l’oubli...), ainsi que dans le ciel lointain et hautain de Paris.
 
(Pareil, d'une manière strictement obligatoire, dans le blanc de l'Œuf de Fou dont il est question dans le corpus de notre narration.)
 
Fin de la distorsion
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/

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