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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 08:30
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 75)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Ensuite, Lãcrãmioara commença à mitrailler en saccades :
 
- J’aimerais qu’on parle un peu plus d’eux. ––– Je pense qu’ils sont tous les deux dans le même pétrin. ––– L’un autant que l’autre sont bourrés, gavés de et par la radio. Ils sont très radio. ––– Résolument radio. ––– Ils sont une essence, une quintessence de cette… phénoménologie. La radio c’est de la phénoménologie. Une phénoménologie extrêmement intense. ––– Invisible. ––– Aveugle. Incendiaire. ––– Capable de détecter, pourtant, son récipient d’accueil : le public souvent amorphe et informe, mais nombreux ––– jusqu’à l’énormité. Ils sont très, absolument radio – dans n’importe quelle langue. Même dans le silence, « silence radio » compris. La radio ––– prend toute la place qu’on puisse trouver dans leur intérieur. Il arrive qu’ils en vomissent. Qu'ils vomissent de la radio. Qu'ils vomissent la radio. Le trop-plein de ––– cette situation se transforme en vertu dès qu’on décide d’y déceler, d’y décanter de la passion, de la dévotion, de la géné ––– rosité. Enfin, tout ça ne peut se faire qu’en parlant. En parlant des langues (des mémoires) multiples, ou simplement français, peu importe. Icã s’épanouit dans la diversité. Stroë, lui, pense que dans chaque langue on trouve suffisamment de Grand Larcin, de Mélodrame et de Crime Universel et que, donc, on pourrait se contenter d’une seule langue, du ––– français, par ––– exemple. Et pour ––– finir, disons que la ––– radio et la télé font partie et participent en même temps à l’a ––– gencement (agencement) d’une culture très moderne : une culture sans mémoire, très sans mémoire.
 
- L’homme actuel, entra Gnito en /dans le jeu avec une ironie presque mordante, après avoir pris un air malin, l’homme actuel commence ––– avec sa mémoire. Plus précisément, dès que la mémoire personnelle contrarie la mémoire de l’espèce ou, plus largement, la mémoire des choses, voire celle de l’univers. L’homme finit (d’évoluer, d’avancer – ou purement et simplement d’être) dès ––– que les souvenirs commencent à le satisfaire. Des souvenirs vus ––– comme de l’herbe, comme du fourrage, comme de la nourriture pour le bétail. On les rumine. On les re-rumine. Chaque fois ils changent encore plus de contenu et de forme, mais pas de nature. Quant aux informations – pareil ! L’information, impersonnelle (sorte de mémoire sans avenir), représente la ––– nourriture actuelle de l’humanité. Difficile de dire en quoi elles consistent, les déjections dues à l’ingurgitation informationnelle. Peut-être ––– en de la bêtise publiée, publique ? Comment digère-t-on une information ? En la faisant écraser par d’autres infos. Notre estomac « informationnel » dit que nous sommes plutôt des autruches que des vaches. On avale et on broie l’information. On ne la rumine pas. Encore que… ––– …Et si on pensait un peu au modèle du ver de terre, qui métabolise des denrées situées à la frontière de l’organique et du minéral ? Et si on regardait un peu vers le métabolisme végétal, qui fait transiter le minéral vers ––– l’organique ? Et quid du métabolisme du fou ? Et puis pourquoi métaboliser à tout prix l’information ? Elle est, peut-être, une toute autre chose que de la nourriture, plaît-il ? Comme tous les ancêtres, d’ailleurs, métabolisés jusqu’à l’état de diamant taillé !…
 
Gnito s’arrêta et jeta un regard plus que provocateur vers Lãcrãmioara. En face d’elle, la femme du Directeur des Langues se taisait comme abasourdie. Et pour cause. Les diamants taillés faisaient leur apparition trop tôt.
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
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