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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 07:24

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 12

 

Jocelyn.

Grand et trapu, massif, ventru. Une peau tr

op blanche, une calvitie dégoûtante, une voix veloutée, ministérielle, un regard fuyant, lâche et rapace à la fois !

Jocelyn comme sensation ; ayant crée en moi son organe.

Voilà un bon exemple ! Son homosexualité comprise !

Serais-je un has been pour lui ? Tu parles ! C’est bien lui qui crie le plus fort lorsque je meurs ; c’est lui qui me pince le bras, qui me donne des gifles ; c’est lui qui s’oppose comme un dératé à la liberté que j’ose prendre (de quel droit ? ! à quel titre ? ! au nom de quoi ? !), à la liberté de tourner l’œil, d’expier ; c’est lui encore qui pousse ses frères et sa sœur à se déclarer plus déterminés qu’ils ne le soient, à se montrer tout aussi décidés que lui pour empêcher mon départ. Décidés jusqu’à l'hystérie.

Qu’est-ce que je suis, moi, pour ce haut fonctionnaire antipathique, Jocelyn, mon fils ? !

<>

Oui, il m’est terriblement antipathique. Ça a toujours été ainsi. Il m’a toujours été antipathique. Mais les choses se sont empirées après son comming out. L’antipathie, refoulée pendant de longues années, palpitante dans mon âme avant même qu’il ne soit né, voire avant même qu’il ne soit conçu (oui, je le sais et je l'affirme aujourd'hui), s’était manifestée avec une telle force, avec une telle luminosité qu’il ne me restait plus qu’à l’assumer.

Oui, cette progéniture m’est profondément antipathique.

Mais – car il y a un « mais » – depuis mon retour, l’appréciation que je porte sur cette antipathie a changé. Il me semble qu’on a affaire à une mutation. C’est-à-dire, j’ai comme un sentiment d’intériorité : son homosexualité c’est la mienne. En partie, mais sans équivoque. Ça correspond à la multiplicité possible de l’être.

Depuis la mort de Jeanne, depuis que mes impulsions sexuelles se sont éteintes (presque), je sais ce qu'est que d’avoir à l’intérieur de soi une partie féminine. Lorsque je me masturbe, je fantasme sur les partenaires que j’aurais eues ou que j’aurais désirées sans pouvoir y toucher. Si ces images font défaut, la mécanique se bloque. Je ne peux éjaculer (en bandant ou pas) que si une femme s’érige en moi, que si elle est présente et agit sur (en) moi.

Quant à l 'homme... Un homme intérieur pour la baise homo? Pourquoi pas ? Ce qui est permis à une femme intérieure ne serait-ce pas permis à un homme intérieur ?

<>

J'hallucine. J’extrais de Jocelyn un venin fétide, vaguement douceâtre, aux clapotis murmurés et caverneux. Quelque chose qui fait apparaître une lueur éclatante. Le gris y épouse le jaune d’une manière verdâtre ; sinistre et rassurante ; et attrayante.

Je sens le goût de ses cellules, que je suce et prive de leur cytoplasme filial. Je me demande toujours : pourquoi me retient-il, pourquoi ne me laisse-t-il partir ? Normalement, il devait être en paix avec moi. Son comming out s’est bien passé. Ma chère Jeanne n’était plus là pour souffrir et pour comprendre... Moi, je me suis interdit tout geste ou mot déplaisant. Il n’a qu’à se faire enculer, l'enculé. À sa guise. 

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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