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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 07:33

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 13

 

Le monde vomit des choses, toutes sortes de choses. Il nous donne et nous rend des choses, toutes sortes de choses. La queue du reptile se régénère. Pour me régénérer, le monde utilise ma mémoire. La mémoire vomit des choses, toutes sortes de choses. L’espace se remplit d’une bizarre, d’une singulière, d'une étrange identité. Sans mémoire, sans (sa) singularité il n’y a pas d’identité.

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Lorsque je reviens à moi, j'aperçois à ma gauche la petite Lucie, avec ses yeux bicolores, et de l'autre côté, le jeune médecin, plus Alain, l'ex Yun.

L'atmosphère et tendue, désagréable.

Je ferme les yeux, en essayant d'oublier. Tout. Totalement. À la perfection.

De plus en plus affaibli, de plus en plus amoindri, le Moi identitaire s’éclaircit. Il est de plus en plus réduit à la simple mémoire. Il n'est plus qu'une momie, une mémoire. Le résultat d’une mise en spore.

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Par le passé, chaque matin, surtout avant la naissance des enfants, je revenais à moi, sans savoir ce que l'on faisait de ma conscience pendant mon sommeil. Ce que l’on lui faisait. Ce qu’on lui faisait faire.

Je revenais au monde sans me poser des questions. Je me réveillais : toujours moi, le même corps, la même figure, la même mémoire, la même âme, le même esprit, toujours… Enfin, des choses comme ça, connues telles quelles !

Si tout ça était valable hier, à présent, après avoir mourir une fois, je suis confronté à la consistance (ou conscience) d’une chimère, au mieux à celle d’une vision.

Une vision pour chaque instant. Passé, présent et même futur (un futur passé, certes, mais pas moins futur).

Globalement, il s’agit d’une multitude de visions, d’un essaim bourdonnant, d’une aura, d’une atmosphère peuplée de vérités aliénées, mais vérités toujours. L’une plus vraie que l’autre. À qui mieux mieux.

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Au milieu de ça, au centre de ça : moi. Moi, capable de franchir à présent le seuil, de me mêler parmi les visions, de m’emparer de leur contenu inconsistant. Alors, toute touche personnelle disparaît.

Enfin, c’est ce que je crois ressentir.

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Je parlais de la queue reptilienne. Je reconstitue une forme restée dans la gueule de la mort qui a enlevé quelque chose de moi-même, en ouvrant en même temps la porte pour ma vérité actuelle, autre que celle de jadis. Ma vérité d’être empêché sans raison de mourir. (Ou de mourir sans raison ?)

Je ne contrôle plus la situation. Je sais que tout ça n’est que stupide. Mais rien à faire !

À mon départ, je rendrai ce que je suis en train de prendre au monde, ce que je suis en train de consommer. Tout restera ici, sur cette basse terre sublunaire. De la bouse dans la poussière !

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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