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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 08:17

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 14

 

Je ressens une envie étrange. L'envie de standard. Je ne suis pas standard, moi. Enfin, je ne retrouve pas mes repères standard. (Si jamais j'en ai eu. Si jamais ils avaient existé.). La banalité est réconfortante. Mais, malheureusement, elle ne peut être appréciée qu'à partir des positions d'exception.

Mon esprit (c'est quoi ? – et pourquoi cette question ? – et sinon... quoi ?) fait une culbute. Ce qui me manque c'est le plasma du vingtième. Ils sont où mes Hitler-Staline-Mao et les autres Pol-Poth, Idi Amin Dada (Awo-Ongo Angoo de son nom de naissance) et les autres de leur race ? Mais ceux qui, à une échelle beaucoup plus petite, « beaucoup plus humaine » les auraient précédés ?

J'ai été civilisé. On m'a civilisé. Je trouve ça inquiétant. La sauvagerie humaine, chez moi, est édulcorée, dissipée dans mes cellules, dans l'interstice cellulaire, dans je ne sais pas quoi et où encore. Ni combien encore.

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Je cherche autour de moi la raison de ce manque. Sans trop d'espoir.

Alors, Tom. Par défaut.

Beaucoup plus sympathique que son ministériel de frère. Même si presque tout aussi rondelet, dégoûtant et blanchâtre. Un bonhomme qui apprécie infiniment, éternellement sa baguette matinale, croustillante, beurre confiture, trempée dans le café au lait.

Sa femme me dévisage avec pas mal de miséricorde. Elle cache mal son effroi. À vrai dire, elle ne le cache même pas. Je la trouve authentique, très vraie. Insupportable.

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- Qu’est-ce que vous pensez : la transmission spirituelle serait-elle une sorte de contamination ?

Dufayer, le jeune docteur, veut que l’on lui transmette non seulement l’intransmissible, mais carrément l’interdit.

Et si je lui parlait d'Hitler-Staline-Mao ?

- Serait-elle limitée dans l’espace, la mort ? insiste Dufayer. Serait-elle transmissible ? Moi je dis que, dans le temps – je veux dire, à l’intérieur du temps –, l’hérédité et la culture parviennent à estomper les limites spatiales, temporales et tout. Sans les éliminer pour autant. La culture en tant qu’hérédité ; et vice versa, l’hérédité en tant que culture ; qu'est-ce que vous en dites ? L’esprit, serait-il matériel ? Universel ? Terrestre ? 

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Mes enfants, ce qu’ils veulent c’est de ne pas rencontrer la vérité terrorisante et dévorante de la mort.

Ils regardent mon épave.

L’antagonisme de nos positions saute aux yeux.

Avant de mourir, nous découvrons que nous sommes un sac d’archétypes. Cela étant, l’archétype d’Œdipe a changé de contenu. Mes enfants ne veulent même pas me tuer pour que je meure. Ils veulent me tuer pour me maintenir en vie !

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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