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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 08:21

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 17

 

- J’ai vite compris de quoi elle parlait, avait dit Alain. Et non seulement que j’ai compris, mais j’ai vu. J’ai vu la chair, la viande de mes parents que je n’ai jamais rencontrés. Mes parents dits biologiques. Mes parents invisibles. Transparents. De la biologie fantasmagorique. C’était des monstres sans forme, si vous pouvez comprendre ça. Des monstres asiatiques, des dragons ou que sais-je encore, très typés, avec une identité certaine, puissante mais sans contour terrestre. Très incommode ! Parmi ces sans-forme, mes enfants qui allaient venir. Toujours des monstres. Sans identité géographique et raciale cette fois. Incommodes ! Mais autrement. Ensuite, une masse de présences indistinctes, vaseuses, albuminoïdes. Des inconnus porteurs de terreur. Des êtres stupéfiants, terrifiants. Horripilants mais familiers. Ma famille vivante se trouvait ici, en France. Mais, manifestement, j’en avais une autre, inconnue : ces revenants. Ils m'effrayent. C'était une peur nécessaire, pourtant, constructive. J’avais avalé de tonnes d’Occident depuis mon adoption, mais je ne résistais pas à la puissance visionnaire orientale, à ces esprits aux formes épouvantables que je portais dans me gènes. La corde existante et tendue en moi n’attendait que le pincement pour résonner. (Pause.) Ma mère adoptive et ensuite mon épouse, asiatiques toutes les deux, connaissaient la chanson. L’aventure. Chacune dans son coin et dans son style. Ce qui n’a jamais été le cas avec mon père adoptif. Ni avec les autres membres de la famille occidentale. Les esprits n’étaient pas pour eux. Pour moi, si. J’avais appris comment faire pour les apercevoir. J'en était terrifié, mais je gardais le silence. L’univers avait doublé de population dans cette partie de ma vie. Pour chaque personne vue par les Occidentaux, matérielle, concrète, je voyais une réalité supplémentaire, insaisissable pour les autres. Les sonorités des ces suppléments étaient basses, graves, plutôt vibratiles qu’audibles. Des secousses sismiques, terrifiantes. Il s’agissait d’une vraie population parallèle, composée de vraies personnes. Bizarres, consistantes, indifférentes, sans pitié.

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Cette population fantasmatique allait s'évanouir à l'arrivée de son premier enfant.

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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