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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 08:39

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 18

 

Les enfants absorbèrent partiellement cette population qui doublait son univers. La mère, elle, continua toujours à voir des invisibles, avec la même intensité que toujours. Lui, de moins en moins.

Il commençait sa vie d'Alain. Être Alain.

Il imposa les nom des petits. Des noms occidentaux.

Mis à part leurs yeux bridés et leurs beaux cheveux souples, noirs et luisants, ils n'ont plus rien d’un Oriental. Ils ne voient pas de l’invisible. Ils teintent leur superbes cheveux asiatiques dans des couleurs impossibles; ils sont assoiffés de post-musique ; adeptes du traitement social du chômage et de la semaine de travail d’une heure et demie. Des vrais franco-européens, bref. En vrais français, ils sont prêts à tout moment à se mettre en grève, ils se prononcent pour la démocratie participative, anarcho-régalienne, ils jouent à la pétanque, ils aiment le chant du coq, le fromage, la baguette croustillante, le vin et, plus généralement, tout ce qui est universel à condition que ce soit français ; et en même temps, ils se victimisent en tant que français en se déclarant déçus par la France et par l'Occident et par tout le présent.

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...Tout ça, à partir de la virtualité de la mère Dufayer, plantée à côté de la porte de ma chambre d’hôpital. Menue et souple, malgré son âge, elle rayonnait une forte sexualité crépusculaire, certainement perverse, mais douce comme un bain tiède. Un appel décidé, presque autoritaire et alléchant. Une invitation-commandement. Est-ce que l’avais-je faite venir dans un de mes moments d’égarement sexuel où j'appelais une ou l’autre des femmes qui nichent en moi et qui me prêtent leur main (sic !) pour me soulager ? Pas sûr. Je dirais même, non. Pourtant, dans ce petit laps de temps où j'ai cru l'apercevoir à côté de la porte, ma madeleine de Proust s’en est faite sentir. Oui, j’ai couché avec la Dufayer. Dans mon esprit. Dans ma main. Je me suis bien branlé avec elle dans mon esprit-main. À califourchon sur moi, là, dans mon esprit, dans la réalité de cette chose, elle me dévisageait à travers ses paupières à moitié fermées. Le regard était éclatant et tranchant. Une étrangère qui suivait mon évolution, avec derrière la tête un but caché mais précis. L’éjaculation fut bonne, spasmodique, brûlante… Une hallucination – pourtant ?...

L’éclat de son regard de maintenant, avant de quitter ma chambre, a été trop vif, trop perçant pour que les deux moments ne soient pas vrais.

Pourtant le doute... Je sais par expérience que certains rêves qui paraissent inexplicables sont l’expression de ce qui aurait pu arriver mais qui est resté au stade du possible, ni cristallisé, ni sublimé.

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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