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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 08:19
Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 7
 
Je suis vieux et malade. J’ai un trou percé dans le crâne. La mémoire s’échappe par là. Elle se vide. Elle fait le vide. Elle me quitte, la salope ! Elle se sauve.
 
Pourtant elle, la femme du Coréen de Pompadour y siège toujours. Ici, et maintenant, fantomatique, dans les limbes mystérieux de ma mémoire. Avec son mystère à elle, de Coréenne arrivée mystérieusement parmi nous, dans ma vie. Dans un des îlots de ma vie.
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Puis... Mère de deux enfants de type caucasien, Magali, ma fille, père de deux enfants de type asiatiques, Alain, le Coréen de Pompadour, n'ont rient trouvé de mieux à faire que de concevoir, produire, fabriquer, une petite Lucie, métisse, métissée, vaironne (or et émeraude), âgée de quinze ans aujourd'hui.
 
J'aimerais savoir ce que Jeanne, ma feue femme, aurait eu à dire à ce sujet. Mais la feue épouse d'Alain ? Comment se présente tout ça dans Lucie ?
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Supposons que la mère biologique de Yun, qui avait abandonné son enfant, aurait été traumatisée par la guerre de Corée. D’où l’abandon. Lors de son arrivée à la DASS coréenne, il ne portait même pas de nom. On l'abandonnait dans l'état, sans nom. À peine nommé, on le (pro)jeta vers la France, sur Pompadour.
 
Ça, d’un côté.
 
De l’autre, supposons que sa future femme n'était pas orpheline, comme lui. Ses parents ne l'auraient pas abandonnée. Ils auraient été pourtant, comme toute leur génération, des enfants de la guerre des Corées.
 
...Jusqu’au moment de son mariage elle fut une composante anonyme, un légume de sa génération sud-coréenne. Il n’y avait aucune raison pour qu’elle se fasse cueillir, vingt cinq ans après sa naissance, cueillier et délégumiser par un jeune (de sa génération sud-coréenne, certes, mais devenu le Coréen de Pompadour), pour être transplantée et, d'une certaine manière rélégumisée, en France.
 
Raison ? Mais de quelle raison parle-t-on ?
 
Elle s’est laissée faire. Elle s’est laissée délégumiser et rélégumiser. Elle a accepté l’exceptionnel.
 
Quant à lui, il n’a pas pu retrouver l’anonymat, le banal propre à ceux de sa génération sud-coréenne. Il n’a pas trouvé bon de rentrer pour toujours dans sa Corée natale, de s'y fondre, il n’a pas trouvé le sol « natal » suffisamment nutritif pour s’y re-implanter, s’y rélégumiser. La légumisation pompadourienne lui convenait davantage.
 
Ce qui est certain c’est qu’aujourd’hui on pouvait les regarder, tous les deux, comme des produits marginaux de l’histoire. Marginaux, c’est vrai, mais quand-même porteurs d’histoire. Comme les particules de fumée, de lave, de vase d’une vaste et puissante éruption.
 
 
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Blog : www.alexandre-papilian.com/
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