Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
  • Contact

Profil

  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

Texte Libre

Rechercher

3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 08:59

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 8

 

Alain est resté Yun un certain temps. On lui a donné le nom à l’occasion de son adoption ; pas très loin de sa naissance. Une fois légumisé en France, on a voulu éliminer Yun pour faire naître Alain. Mais la mémoire interne profonde de Yun ne se laissa pas violée. Yun ne devint pas Alain. Pas tout de suite. Pas automatiquement.

L’orphelinat qui le poussait prendre le large, qui l’abandonnait, lui avait donné comme nom, Yun. Dans son esprit, en silence, en cachet, il garda son Yun jusqu’à la fin de son premier mariage. Jusqu'à la fin de ce mariage, il obéit en silence, en cachet à l’inconnu qui était le sien : sa race, sa famille biologique abandonnatrice, son peuple malmené, son histoire fracturée, meurtrie.

Jusqu'à la fin de son premier mariage, Alain porta en lui la cage enfermant Yun ; la prison de Yun, protectrice. Quelque chose de très personnel. Quelque chose dont la singularité dépassait largement Yun et Alain. Quelque chose qui les disqualifiait.

<>

On vit au sein de sa famille d’abord, au sein de son peuple ensuite, comme à l’intérieur de sa peau.

Quitter sa famille, son peuple, c’est se faire écorcher. Mais quid de se faire ostraciser par sa famille, par son peuple ?

Il m’est difficile à imaginer la soumission désespérée de Yun-pas-encore-Alain.

<>

Non seulement qu’il pardonnait à son peuple natal l’expulsion, mais il lui donnait acte d’allégeance.

Il allait chercher « sa moitié » en Corée.

Non pas en France, parmi les français, mais en Corée, parmi les coréens dont il ne parlait même pas la langue et qui, un quart de siècle auparavant, avaient trouvé bon de le confier/abandonner à la DASS.

Pourquoi avait-il besoin de se catapulter pour « prendre femme » là, dans sa Corée diable-vauvertienne ? (Une femme « courte », qui allait mourir après cinq ans de mariage et la mise au monde de deux enfants.) N’y avait-il pas assez de femmes porteuses des calices à féconder ici, en France, à côté de lui, chez lui ?

(C'était où chez lui ?)

<>

Après la mort de la Coréenne, la soumission de Yun changea de contenu. Il entendit la voix de sa deuxième masse/peuple. Le moment venu, il se mit à se recomposer une famille ici, parmi les non-Coréens. Il changea la soumission en survivance. Il donna une famille à la masse/peuple française ; avec Magali, ma fille. Du coup, avec moi.

Voilà !

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

Partager cet article

Repost0

commentaires