Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
  • Contact

Profil

  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

Texte Libre

Rechercher

2 novembre 2019 6 02 /11 /novembre /2019 08:32
Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 19
 
J’aimerais pouvoir jeter un regard dans mon cerveau. Dans mon cœur. Dans mon pancréas. Dans mon oreille interne et dans mon œil. Dans mes ongles.
Et plus, car affinités.
Un regard direct, sans l’intermédiaire de je ne sais pas quel miroir ou appareil, fabricants ou traducteurs d’images et forcement trompeurs. J’aimerais saisir la réalité vraie, la réalité en vie, vive de mon cerveau, de mon cœur, de mon œil, de mon oreille interne, de mes ongles… J’aimerais me saisir moi-même et m'en emparer.
 
*
...des électrodes dans mon crâne trépané
ils
y ont mis des puces à l'insu de mon plein gré
(rire)
trop vieux pour la guérison mais encore
valide
pour des expérimentes
l'homme post-humain naturellement trans-humain
s'est
mis en mouvement en marche
moi
bouger...
*
La vibration interne, profonde de l’objet, c’est cela que l’on écoute et que l’on entend. À travers le son, c’est l’objet vibrant que l’on entend. Même si on croit pouvoir séparer le son de son objet émetteur. Si elle s’absente, cette vibration, c’est que la mort à gagné, on est mort. Le silence parfait est désespérant. Ça décompose. La vie est ce qui se trouve entre les vibrations. Ce sont les vibrations qui provoquent l’équilibre vital, qui maintiennent la vie en équilibre. Ce n’est pas pour rien que l’oreille interne gère et l’équilibre et l’ouïe. Il reste, quand-même, à trouver la réponse à la question suivante : opère-t-on là, dans l’oreille interne, la séparation ou la fusion de l’équilibre et du son ?
<>
J’aimerais pénétrer dans mes propres testicules. On dit que dans un jet de sperme on trouve des millions et des millions de spermatozoïdes. Quant à moi, dans ma vie, j’ai (pro)jeté mes spermatozoïdes avec superbe et indifférence, d’une manière tantôt insouciante et statistique, tantôt consciente et personnalisée. Parfois, je croyais savoir lequel de mes spermatozoïdes personnalisé arrivera à ses fins. D’autres fois, je n’étais qu’un poisson qui se soulageait sexuellement, ou encore un médecin dans un labo de fécondation assistée. – …Et elle, la partie, la moitié féminine, saurait-elle lequel de ses ovules sera fécondé et par qui ? – …Et si je n’avais pas de partenaire, mais seulement une main et une excitation imaginative, comment les choses se passerait-elles ?…
<>
Je ne sais pas comment vous autres, vous vous débrouillez sexuellement, mais moi, c’est pas évident. Auparavant, c’est à dire, avant que toute cette horreur ne me tombe littéralement sur la tête et puis dans la tête, je recourrais de temps en temps aux services de vraies professionnelles. C’est un vrai métier et elles se sentent, enfin, elles se sentaient très valorisées lorsque je bandais et éjaculais suite à leurs agissements. Animer une bûche, ce n’est pas évident. J’en suis une. Depuis longtemps. Très longtemps. Très bûche.
<>
Ils surgissent de quelque part, d’une réalité indéniable ces satanés spermatozoïdes. Ils se déclarent tout de suite d’attaque. Ils naissent ainsi : d’attaque. Ils n’attendent que le moment où le mâle est mis dans tous ses états, c’est à dire, à la merci spasmodique du monde.
Ode aux spermatozoïdes ! Ode spermatozoïdale !! Ode !!!
<>
Ce n’est pas de cette façon que j'aie été agencé. Je ne sens pas le spermatozoïde de papa, l’ovule de maman. Certainement pas ! Du tout ! D'ailleurs ils sont morts, papa, maman. Et leur vie avec. Leurs vies !
Nous, père, mère, enfant, nous ne sommes pas ça. Ni comme ça. Même pas une image de ça. Même pas un songe.
Jeanne et moi… Nous avons quatre enfants...
Alors, eux et nous ? Les avons-nous faits ? Ce sont eux qui nous ont fait ?
De surcroît, nous avons des petits-enfants à présent. D'une certaine manière, faits aussi ?… Certainement pas comme ça, avec nos parties basses respectives... Avec nos cerveaux non plus. Ni avec nos oreilles internes, pancréas, ongles... Et pourtant, ils se sont manifestés, eux, en tant qu’enfants et petits-enfants nous appartenant, des enfants et des petits-enfants à nous, suite à quelque chose que nous, Jeanne et moi, avons fait avec ce que nous avions, avec ce que nous appartenait.
Vu tout ceci, ce matin j’ai compris que Jeanne n'était pas morte, que je n'étais pas en train de mourir et qu’eux n'étaient pas nés, eux.
La mort amène l'inconsistance et la folie. La mort est une folie. La Grande Folie, peut-être.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/

Partager cet article

Repost0

commentaires