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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 08:38

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 20

 

 

Jocelyn, Magali, Tom… Et Frédéric alors ?

Le plus souriant et le plus secret de tous, il est un peu débile. Un bienheureux.

Il a quatre jumeaux, le débile. Une femme lui a pondu ces quatre rejetons… À sa grande joie et à la nôtre aussi… La béatitude calme et ample de Jeanne ! C’était quelque chose ! Fallait la voir !

Ce que j’inocule à Fred pour pouvoir siroter – à la mode de l'araignée – son essence invisible, jette une lumière recréée dans ses cavernes de chair. Il est très attaché à sa famille.

Dans sa jeunesse, il fut l’esclave du rock, du basket et de la came. Il s’en débarrassa miraculeusement ; je dirais à merveille. Il s’assagit relativement tôt ; et bien. L’arrivée des enfants fut pour lui un saut qualitatif important. Il devint vraiment responsable. Aveuglement. Il existe des responsabilités aveugles. À l’insu de soi même.

Quatre morpions d’un seul coup c’était pas mal. C’était même beaucoup. Ensuite, stop ! Rien ! Nada ! Terminé !

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Je suis une main et une jambe pendantes et inertes. Je suis un trou puant dans mon crâne. Mais je ne peux pas être réduit à une simple équation.

- Tu tueras tes enfants !

Voilà ce que j’ai dit à Fred.

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En plein brouillard il se vidait de son sang. La terreur s’emparait de lui. Elle devenait sa maîtresse. Elle le fécondait. Il en était rempli.

On était son père. On n’était pas fou : on avait vécu plus que lui.

Et tant pis si vivre n’était qu’une forme nécessaire de folie obligatoire !

En tout cas, on savait plus que lui. Notamment sur lui-même. En le connaissant mieux qu’il ne se connaissait, on irritait sa fibre criminelle. Une fois revenu de son expédition translétale, on lui faisait savoir qu’il tuera ses enfants. Quatre jumeaux. Quatre enfants. Quatre crimes. Que de crimes.

On – Je – Lui– Moi – Rien – Tout – Crimes.

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Ma queue psycho-reptilienne se régénère tout en empoisonnant l’environnement. L’image de Frédéric prend un contour d’une grande clarté. Il vit une forte sensation de dépersonnalisation. Sa personnalité le fuit. Divisée par quatre, elle se perd dans les personnalités des quatre jumeaux. Elle personnalise les quatre jumeaux. Ce n’est pas innocent de faire des jumeaux ! Ni d'en avoir !

Comment se retrouver dans la personnalité jumelée de qui que ce soit ?

Pour ne pas parler des enfants de ces jumeaux : de l'eau perdue dans les sables du désert.

Pourtant, il a des jumeaux, ce con. Donc, il n’a pas, il n’a plus de personnalité, lui-même. Lui-même, c’est fini ! Sa vérité profonde, tétra-jumellaire, lui échappe.

Il ne peut être qu’un rien ou un fou. Ou un fou rien, sinon un rien fou.

C’est pourquoi il voudra tuer ses rejetons jumeaux. Il voudra retrouver sa personnalité. Aussi méconnaissable que ce soit. Aussi abîmée que ce soit. Ce n’était pas une question de reconnaissance ou de méconnaissance – mais d’immanence, d’être.

Il nourrissait vraiment l’envie inconsciente de se débarrasser de ses enfants jumeaux, l’envie de tuer les jumeaux !

Je ne sais pas comment. Je sais seulement que.

Je ne dispose ni des forces ni du temps nécessaire pour tourner et retourner la chose de tous les côtés. Il me suffit de savoir. Ça me suffit. Je sais. – Il les tuera ! Point ! Je dirais, même, il les tuera – ses jumeaux – plus !

Quelque chose de cela passe dans l’esprit de Fred.

- Tu tueras tes enfants !

Je vois ses yeux s’assombrir. La folie s’empare de cet ange simplet.

Le plaisir vibre dans ma gorge, à la racine de ma langue. Je jouis tellement de mon déraillement, de ma perversité !

En d’autres temps, on aurait dit de moi que je serais possédé par le Diable.

Autre fois, aujourd’hui, où ? Quelle importance ?

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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