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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 08:05

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 26

 

Lucie capte le monde avec ses yeux vairons. Déjà avoir un œil droit et un autre gauche rend la chose compliquée. Les avoir, en plus, de couleur différente !… J’ai vu ses regards – au pluriel – sortir sous la forme de tentacules émeraude et or pour s’emparer de la réalité regardée, de moi. Elle s’emparait de moi, la petite, m’introduisait dans son intérieur. Pour m’y ruminer.

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Lucie, dans ma chambre single, seule, assise dans le fauteuil en métal et plastique. Me dévisage.

Me voit uniquement dans son intérieur. À l’extérieur, elle est comme aveugle à mon égard. Ce qui compte c’est ses tripes, ses agissements internes d’un noir absolu. Ça produit non pas des vues mais des visions. Digestion visuelle visionnaire.

Sa présence n'est pas désagréable. Elle contient quelque chose de bizarre. Une présence agréablement bizarre. Agréablement perverse. À son âge, avec son corps frêle, sa place n'est pas dans la chambre d'hôpital de son grand-père. Dans ma chambre. Où je me meure.

Elle est déséquilibrée, la petite. Ou bien, mon cerveau protégé par des gazes puantes disjoncte, divague, ponde des bêtises sans sens, sans raison d'être.

Mal équilibrée, la petite ! Sans raison d'être. Ce qu’elle voit pour de vrai et ce qu’elle voudrait voir ne se superposent pas.

Le monde-même est déséquilibré.

Elle voudrait voir la mort ; c'est moi qu'elle voit à sa place.

Elle avait appris que la mort existe ; on le lui avait appris.

Elle voudrait voir ce qu’elle avait appris et/ou ce que l’on lui avait appris ; elle se trouve face à une chose étrange, étrangère.

Elle se débat et se défend sans conscience contre des choses apprises et non-trouvées ; elle se trouve prisonnière de la vérité perçue/établie par ses regards tentaculaires, émeraude et or, elle se trouve connectée pour de vrai à la vraie tromperie extérieure.

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Elle croit identifier et vivre mon étant profond. À raison peut-être. Elle vibre lorsqu’elle touche à la mort, à moi.

C’est à elle-même qu’elle touche.

On ne touche jamais à la mort d’autrui mais uniquement à la sienne. Il n’y a pas de description interne pour la mort. Ni d’explication. Ni de réponse. Tout est singulier, individuel, personnalisé, imaginé par l’esprit strictement personnel ; un esprit opposé à la généralisation, un refuznik.

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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