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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 08:23

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 42

 

Les yeux vairons de la petite me donnent des idées. Elle me regarde, dirait-on. Pourtant, ce n’est pas moi qu’elle regarde, mais moi telle qu’elle est – elle. Ou, enfin, tel qu’elle devient en me regardant – elle. Elle est en cours de construction, tout en étant toujours préformée, prédite, « annonciée ». Le regard de ses yeux de deux couleurs est féroce mais pas déplaisant, pas méchant. Il me confère une place dans ce monde où je me sens dépaysé.

J’hallucine.

Le sens de l’équilibre est outré et je me retrouve dans la même situation que la petite (et tous les autres), à savoir que le monde ne se montre pas à nous tel qu’il est, mais tel que nous sommes.

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La petite quitte ma réserve d'hôpital après avoir été gentille encore une fois avec moi. Je serais enclin à croire que cela serait possible : qu’un être jeune et frêle puisse avoir de la compassion (porte ouverte pour la compréhension) à l'endroit d'un être moribond ; déjà mort, même si ressuscité.

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On me fait savoir que Jocelyn est devenu insomniaque. Il ne parvient plus, même en prenant des somnifères, à faire son plein d’inconscience, le plein de son inconscience. Il ne renonce pas, pour autant, à sa posture de personnage important, sur les épaules de qui… Et patati et patata.

Il brûlera d’une manière pas très saine, mon Jocelyn. Et, mes très chers, cela me fait plaisir. C’est un plaisir pas du tout vulgaire. Un peu ordurier, je vous l'accorde. D’autant plus délicieux. En tout cas, pervers et fin. Son mignon, bourgeois et vivace, le suit du regard avec inquiétude. Ils voudraient adopter un enfant. (Un garçon. Naturellement. Les filles, pouah !) Ils ont peur, tous les deux, mon Jocelyn et l’autre. Certes, ils lorgnent avec méfiance l’exemple qui se présente à eux, dans leur famille (sic !), ce brave Coréen adopté et adoptant. De même, ils lorgnent, avec un certain mépris et une nette horreur, mais aussi avec une espérance douloureuse, Magali, l’épouse de l’adopté adoptant, adoptante elle-même. Trop d’adoption tue l’adoption. Ils n’auront pas le courage d’adopter, le haut fonctionnaire et son mignon, mon Jocelyn et son doudou.

Et l’hérédité, dans tout ça ? Du goudron ?

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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