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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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7 janvier 2020 2 07 /01 /janvier /2020 09:23

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 43

 

Maintenant, cette insomnie irrépressible. Insomniaque, comme il l'est, Jocelyn dégage des rayons d’énergie invraisemblable, impossible, corrosive, auto-diminuante, de proie. Ça existe, l'énergie de la proie. La proie c’est lui. Une auto-proie. C’est l’inutilité-même qui a trouvé sa proie. Ainsi, brouté et ruminé, mis en pâte et liquéfié, lorsqu’il devient fluide, c’est à moi de l’absorber, de l’aspirer. C’est mon Jocelyn ! Un hyper-plaisir.

Il dépérit.

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La mère Dufayer m’inquiète. Je ne l’aime pas. Elle a l’air malade et extérieur.

Je la retrouve de plus en plus souvent dans ma chambre. Elle est infirmière en chef, certes, mais ceci n’explique pas cela. J’ai l’impression qu’elle surveille son rejeton à travers moi.

Dufayer le docteur, son fils, troublé par je ne sais pas quoi, commence à devenir, c’est vrai, un meuble dans ma chambre. Sa présence m’est indifférente, en général, parfois pesante. Il cherche quelque chose. Une réponse, je crois. Ou quoi, sinon ?

Je crois ne pas être le seul à subir les assauts inquiets du roquet. Il se demande ce qu’est la mort. Il s’adresse – à raison, croit-il – à ceux qui reviennent de là. En l’occurrence, à moi. Mais moi, je n’en sais rien, moi. Je ne sais rien de plus, moi. Ce serait un miracle que quelqu’un d’autre le sache – ici et pour ici.

Il se demande ce qu’est la mort, je disais. Faux ! Il me demande ce qu’est la mort. Comme si je n’avais pas assez de problèmes.

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Je suis très efficace en tant qu’immortel. Aussi, dans mon lit de handicapé immortel, je vis avec intensité l’opposition que je fais aux âmes de mes héritiers. Même plus, à leurs tripes. J’avance et je recule, j’avance et je recule… Et je comprends que les expériences intérieures vécues par chacun des nous dans son coin de l'univers, créent une sorte de flux-reflux interne. C’est la vie intérieure. Elle est présente partout. Individuellement. Personnellement.

Puis, en dépassant l’individualité et la personnalité, elle s’avère valable aussi au niveau familial. La famille connaît un flux et un reflux d’expériences qui ne peuvent être qu’intérieurs à la famille. C’est la manière, et, peut-être, la raison d’être de la famille. Ce qui ne répond quand même pas à la question toujours récurrente : par rapport à l'individu, par rapport à la personne, qu’est-ce que la famille ?

En tout cas, si nous étions tous des mutants, comme on ne se prive pas de le dire, je n’aimerais pas me retrouver en eux. Je parle de ces quatre progénitures à moi. J’aimerais me retrouver dans ma propre mutation. Je veux une mutation pour moi seul, une mutation à moi. Je veux être mon propre mutant.

Et pourquoi je parle de ça ? – Par flux et reflux, voyons !

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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