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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 09:41

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 49

 

Je suis scellé par tous, enfants, parents, épouse, peuple, classes sociales, croyances, races, règne, Dieu…

Ils ne me laissent pas tranquille.

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Elle me guette, la mère Dufayer. Elle arrive secondée par son fils. Parfois elle est seule. Elle vient aux nouvelles ou que sais-je encore. Il m'arrive de me réveiller avec elle dans ma chambre. Rêve ou pas rêve. Dieu seul le sait. Il fait toujours nuit. Depuis un moment, il fait toujours nuit. Peut-être que dehors, ailleurs ou pour les autres, il fait jour. Pour moi c’est la nuit. Je ne sors plus de cette nuit. Elle ne me quitte plus. C’est une nouvelle physiologie qui se met en place. Il n’y a plus de frontières entre le sommeil et l’état de veille.

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Parfois, je suis terrorisé par Sa présence. Il est là, avec toute Sa puissance nuisible, destructrice. Il distille du noir dans la lumière, et la lumière se débat comme serrée dans des griffes impitoyables, rongée par des douleurs tantôt zigzagantes et surprenantes, électriques, tantôt continues et non-assimilables. Il est ici, Lui. Invisible mais plus que présent. Il attise la curiosité et décrète que le savoir rend libre. Il confirme que pour savoir il faut d’abord ne pas savoir, mais Il ne dit rien de ce que l’on trouve après avoir su, après le savoir. Il cache la lourdeur, la pesanteur du savoir ; notamment par le savoir du savoir, Il donne un aperçu de la fumisterie du savoir. Il dissimule les menottes que représente le savoir qui attache l’homme au Su (parfois, à la Réalité) et jamais à la Totalité, à l’Entier, à l’Unité.

Le savoir rend (ainsi) désespéré.

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Je me retrouve – je me réveille ? – souvent dans l’Espace. J’aperçois la Terre de loin. De Loin. Elle est baignée dans la lumière. Dans la Lumière. La lumière est cosmique. Elle est Cosmique. Elle ne peut pas être autrement qu’Extraterrestre. La lumière terrestre n’est qu’un scintillement, une luminescence, une pré ou une post-lumière ou carrément un ersatz, une illusion, un besoin (ces besoins, alors !) profond et torturant de l’homme. J’ai besoin de lumière, de Lumière, moi, c’est Vrai. Il est tellement fort ce besoin, que je me sens en mesure d’émettre de la lumière, si elle nous n'était plus donnée.

Il fait toujours Noir, il fait toujours Nuit, pourtant, depuis un moment.

La mère Dufayer, avec ou sans son fils, se présente à moi, à la maison, dans ma chambre. Tantôt elle se détache du Noir environnant, tantôt elle s’Y Fond.

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Une nouvelle figure, que j’entrevois de temps en temps : un aide-soignant, je suppose ?

Ils ont engagé quelqu’un pour m’assister quand je pisse, quand je chie, quand je bave, quand je vomis, quand je… ne meurs pas.

Ils prennent soin de moi, mes enfants.

Ils me clouent ici, mes enfants.

C’est quoi mes enfants ? Nous sommes séparés tout autant par la vie et que par la mort.

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Je ne peux pas me retenir. Je suce et ré-suce sans relâche. Peu importe que Magali gicle son sang comme une citerne percée et qu’elle mourra (en quittant ainsi son Coréen de Pompadour et leurs « prolongations » d’enfants recomposés ou vrais à tous les deux).

Peu importe que Jocelyn, avec son manque de sommeil, séchera dans son sur-éveil stérile, comble de son impuissance générale (j’ai nommé ainsi sa vie de fonctionnaire sup, d’homo sans enfants), et qu’il mourra, lui aussi.

Peu importe que Tom moudra sans cesse ses idées débiles danso-incesto-nietzschéennes et qu’il s’égarera ainsi dans un univers interdit aux autres. Un monde autiste où il réduira à l'absurde ses enfants, en leurs interdisant de s’appuyer sur une quelconque philosophie ou de se défendre par le refus de l'idiotie paternelle que seule une douleur pourrait assurer.

Et, enfin, peu importe que Fred, heureux et crétin, parviendra à s’affranchir de son état « bienheureux » pour considérer ses jumeaux (quatre) comme des victimes potentielles et pour sombrer ainsi dans l’horreur.

Peu importe que tout ça peut s’avérer parfaitement faux et que tous les quatre, ainsi que tous les autres, tous, resteront agrippés à ou aplatis sur cette terre, pour consommer (vivre !) les vies que leurs aurait été agrafées en guise de continuation de la mienne et de celle de Jeanne, pendant que je vais mourir, je vais mourir, je vais mourir, et pendant que Jeanne sera toujours et toujours et encore, morte. Ainsi, continuellement.

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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