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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 09:16

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 50

 

L’aile sur-humaine m’emmène de nouveau dans son plumage.

Je me trouve très petit.

Je n’ai pas fait tout ce que j’aurais pu faire dans ce monde. Je veux dire, dans ma vie.

J’ai laissé l’indifférence et la paresse se développer jusqu’au point où elles ont tourné en haine.

Le peu que je suis est entouré par la monstruosité de ce que j’aurais pu être.

Les enfants m’ont fait revenir, avant que je ne franchisse le Seuil, pour que je capte ici, dans la vie terrestre, ma profonde inharmonie.

Ils m’ont fait revenir pour que je constate qu’ils ne sont pas ma prolongation ; que je n’ai pas le droit de me déclarer satisfait du fait que je les ai spermatozoïdés à un moment donné de ma vie, de leur vie !

Ils m’ont fait revenir pour constater que je suis engrené dans un processus d’amère infinition, un processus d’infinir qui suscite une abyssale et terrible envie de correction.

J’aurais besoin qu’une nouvelle vie vienne m’envahir ici, dans le monde. Pour corriger ce que j’ai négligé dans ma vie en voie d’extinction. Une nouvelle vie ! Une vie nouvelle fondue dans ma vie unique !

(Impossible !)

<>

Impossible ? Vraiment impossible ?

L’inspiration me donne des ailes. Le bonheur exceptionnel et exquis que j’extrais de mes rejetons…

Ce n’est pas impossible, c’est pervers !

<>

Je vous dis, camarades, tout est pervers. L'Univers entier et au-delà de ses limites. Les gens atteints par la maladie d’Alzheimer en savent quelque chose. Ils en témoignent comme ils peuvent. Comme ils peuvent, eux, et non pas comme nous pouvons comprendre, nous autres. Nous manquons de ce qu’il conviendrait pour comprendre leur coup, leur souffrance, leur vie.

Camarades, mon cycle « compréhensif » paraissait bouclé. J’avais l’impression de ne plus pouvoir recevoir de nouveautés. C’était comme si je connaissais assez. Autrement dit, c’était fini !

C’était pour ça que je mourais.

<>

Évidemment, je me trompais. Mes enfants, auxquels je suis attaché d’une manière mystérieuse – …divine ? diabolique ? imbécile ? criminelle ?… –, m’ont fait revenir sur terre. Ils m’y ont enchaîné. – …Prométhée sui generis… Mais, passons !… – …Tout ça, pour comprendre. Moi. Eux. – …Mais, comme ils n’y arrivent pas (pour eux, l’ersatz létal gisant en moi ressemble beaucoup à l’incommunicable mal d’Alzheimer…), ils tombent malades.

Ne pas comprendre, c’est une maladie. Une folie.

<>

Je ne meurs pas. C’est ma maladie. Ma folie.

On peut se poser beaucoup de questions sur « le prométhéisme » de la situation. On est l'aigle qui picore les foies de ses enfants.

On a l’impression que son mal possède une certaine qualité. C’est un mal individualisé, personnalisé. Ce n’est pas comme le mal des autres, banal, indifférent et, finalement, incertain.

On veut dire, camarades, que les qualités de mon mal sont telles qu’elles peuvent provoquer une souffrance indolore.

Vous êtes où, camarades ?

Où êtes-vous ?

On ne peut pas vivre la vie d’un autre avec sa vie.

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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