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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 08:53

 

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 51

 

Dufayer continue à me rendre visite. À la maison, s'il vous plaît, où j'étais envoyé pour mourir.

Je suis toujours son malade. Peut-être même plus encore que jamais. Roquet et assez gogo, comme tous les moutards, il vibre d’une manière spéciale lors de nos rencontres. Toute ses fibres vibrent. Toutes ses cellules.

Pour lui, je ne suis pas, comme pour la plupart des autres, un légume. Il fait en sorte de me voir tout seul. Il avoue qu'il développe des nouveaux organes de réception.

- Je crois me situer à la charnière de deux mondes, qu'il dit. Le monde normal, où vivent ou vivotent la plupart des gens. Et puis un autre, vide encore, que je dois remplir, moi, avec ce que je sens, ressens, pense et même avec ce que je ne sens, ne ressens, ne pense même pas. Peut-être (tenant compte de mon âge tendre par rapport à l’éternité), surtout avec ça, avec ce que je ne sens et ne panse pas, surtout avec toutes ces « futurules », avec ces inexistences qui me sont attribuées en dépit de tout. Ce n’est pas votre cas. La partie inexistante, pour vous, est déjà passée, convertie en existant. Aujourd’hui, vous souffrez même d’un certain trop-plein. Vous vous auto-débordez, vous vous soulagez. Mais au lieu de vomir vers l’extérieur, vous vous déversez à l’intérieur de vous-même, en vous-même. Comme autre fois l’Atlantide dans l’humanité. Vous vous auto-intoxiquez. Mais vous ne mourez quand-même pas. Votre auto-intoxication, n’étant pas mortelle, elle s'avère tout simplement vitale.

<>

- C’est bête, hein ! Le compromis n’est pas possible, reprend le Dufayet. Re-bête ! Même si vous tombez malade de vous-même ce n’est pas grave. Vous restez toujours en vie. Vous êtes toujours en vie. Vous ne pouvez mourir qu’en changeant de nature. À ce moment-là vous comblez la partie inaccomplie de votre vie. C’est toujours de la vie dont il est question.

- C’est là que votre vie trouve sa raison d’être et son entier : dans sa mort, dans votre mort. Qu’est-ce que vous en dites ? Ou plutôt, ne dites rien. Vous êtes fou !

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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